Jounetsu [Hobbit] - Fanfics

Last update : 2013-03-27

Hobbit - fanfic yaoi - chapitre 4

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Le réveil à la taverne fut dur pour une majorité de la compagnie. Sur l’assemblée, seuls Thorin, Balin, Gandalf et Fili ne semblaient pas être passés sous un troupeau d’oliphants en furie. Le deuxième plus jeune semblait même rayonnant, ce qui attira la suspicion de son oncle. Mais Thorin eut d’autres chats à fouetter devant le manque de motivation dû à la gueule de bois de sa compagnie. Il était quelque peu coupable de cet état à cause du réveil un peu brusque qu’il leur avait réservé. En effet, le chef des nains sans pitié avait réveillé ses troupes à force de cris et de seaux d’eau.

Chacun se tenait à table devant une boisson chaude, Bombur mangeait avec entrain, la nourriture semblait être un bon remède à l’alcool pour lui. Dwalin grommelait dans son coin, encore un peu trempé d’eau glacée. Kili piquait du nez et penchait vers l’épaule de son frère. Bilbo se tenait la tête dans les mains, buvant l’espèce de tisane infâme de Gandalf contre la gueule de bois. Les autres avaient préférés supporter le mal de crâne que de tremper leurs lèvres dans l’espace de tisane jaunâtre. Seul le Hobbit s’y était risqué, grimaçant à chaque gorgée.

Après cette matinée navrante, mettant un coup au prestige des nains à l’avis de Thorin, la compagnie reprit sa route. Suite à la discussion de la veille, le roi avait obtenu des informations sur la Montagne et surtout sur la Forêt Noire, forêt magique semblable à un labyrinthe, bourrée d’elfes…

Thorin aurait bien évité de passé par ce chemin mais en contournant les bois, ils en auraient pour deux semaines de plus et le jour de Durin approchait à grands pas.

Lorsqu’ils reprirent la marche, la rosée était encore présente, la compagnie était silencieuse. Même Ori qui posait souvent des questions, sa curiosité étant sans fin, aujourd’hui semblait imperméable au monde alentour. Le comportement des nains n’inquiétait pas Thorin, il était habitué aux lendemains de cuite. Mais ce qui l’énervait, c’est que Bilbo évitait son regard. Le brun sentait le regard du plus petit sur lui, mais quand il voulait lui répondre, le hobbit détournait les yeux en rougissant. Lorsqu’il voulait s’approcher pour lui parler, Bilbo semblait d’un coup en pleine discussion avec Bofur ou Ori.

Ce petit manège dura toute la matinée, si bien que quand vint la pause de midi, Thorin était d’une humeur massacrante.

Dans un coin, Fili s’était assis sur une souche d’arbre, son bol de porridge dans la main avec un peu de porc salé. Kili s’était installé par terre entre ses jambes et mangeait avec entrain. Ayant loupé le petit déjeuner par sa somnolence, il attendait cette pause avec envie.

Amusé par le comportement de son cadet, Fili lui donna son propre morceau de porc salé alors que Kili se léchait les doigts comme un chat repu. Le comportement des deux plus jeune n’avait rien de tendancieux, ils étaient seulement proches. Mais Thorin, qui connaissait leur liaison cachée, ne pouvait pas en détacher ses yeux. Il était frustré par le comportement de Bilbo et s’énervait du comportement aguicheur de ses neveux.

Le repas terminé, il s’approcha des deux jeunes nains. Les sourcils froncés, il gronda doucement.

« Kili, tu vas marcher devant avec moi ! »

Ces derniers le regardèrent avec surprise. Qu’avaient-ils bien pu faire pour mériter la colère de leur oncle ? Son air sombre inquiétait le plus jeune, c’était Fili qui avait touché Bilbo… Pourquoi en avait-il après lui ?

« Pourquoi mon oncle ? » osa-t-il demandé, peu sûr. Mais sa question ne fit qu’assombrir d’avantage Thorin.

« Ne pose pas de question ! Tu obéis et c’est ainsi ! »

Kili sursauta et fit un pas en arrière. Avant, il aurait été heureux que son oncle lui montre un tel intérêt mais avec les bêtises de ces derniers temps et ce qui s’était passé avec Bilbo la veille… Il préfèrerait se faire oublier.

Mais son oncle ne semblait pas de cet avis. D’un geste brusque, il saisit le plus jeune par le bras et le traîna loin de son ainé. Fili n’eut le temps que de dire le nom de son frère avant qu’il lui soit arraché.

Kili se retrouva en tête des nains en compagnie de son oncle. Il jeta un regard désolé vers son frère qui était resté figé à l’endroit où il se trouvait précédemment, puis il se tourna vers l’avant en suivant son oncle. Ce dernier marchait sans un regard envers son cadet blond, mais s’il l’avait fait, il aurait pu remarquer l’orage naissant dans ses yeux bleus… Fili n’était pas un descendant de Durin pour rien et il avait plus en commun avec Thorin que tous deux n’osaient l’imaginer.

Traînant des pieds, Kili regardait le sol en tapant dans les pierres se trouvant sur son chemin. Après plusieurs minutes de silence, il posa quand même la question qui lui brûlait les lèvres.

« Qu’est-ce que j’ai fait ? »

« Comment ça ? »

« Tu me punies… c’est que je dois avoir fait quelque chose… »

« Tu penses devoir être punis ? »

« N… Non… »

« Alors il n’y a pas de raison. »

« Mais c’est injuste ! »

« La vie n’est pas forcément juste, Kili. Il est temps que tu l’apprennes et que tu te comportes enfin en adulte. De plus, tu es trop proche de ton frère… Ce n’est pas sain. »

Là, c’était l’hôpital qui se moquait de la charité. Le rouge lui monta aux joues, mélange de honte et de colère. Il serra les dents et lui cracha rageusement :

« Ça ne semblait pas te déranger la dernière fois dans les bois… Oncle Thorin ! »

« Maintenant ça suffit ! Tu restes ici et c’est tout ! »

Kili avait hérité du mauvais caractère de son oncle et il ne se laissait pas marcher sur les pieds. Malgré tout le respect et l’admiration qu’il portait à son roi, l’amour pour son oncle, il n’allait pas se soumettre à une telle injustice. C’est donc d’un pas rageur qu’il doubla Thorin et s’enfonça dans les bois.

« Kili ! Reviens ici tout de suite ! »

Mais le brun ne l’écoutait déjà plus et avait disparu entre deux arbres. Thorin jura en Khuzdul et s’apprêtait à le suivre quand il fut bousculé par une tornade blonde. Fili avait été plus rapide que lui et avait couru à la suite de son frère.

Thorin allait suivre ces deux neveux quand Gandalf le retint par l’épaule.

« N’y allez pas, Thorin ! Cette forêt est un vrai labyrinthe, vous risqueriez de vous perdre… »

Ce que Gandalf craignait surtout, c’est qu’il ne tomba sur les elfes de la Forêt Noire. Thranduil était l’ennemi personnel de Thorin et l’elfe avait des tendances qui inquiétaient quelque peu le mage. Par sécurité, il valait mieux en garder sa troupe de nains éloignée le plus possible.

« Arrêtons-nous ici pour la journée. De toute façon, beaucoup d’entre nous ne se sont pas remis de la nuit précédente, et ils reviendrons sûrement sur leurs pas » conseilla Balin à son roi. Toujours de bon conseil, Thorin décida d’écouter le vieux nain en voyant la moitié de sa troupe l’air épuisé et l’autre plus fraîche le regarder avec curiosité, se demandant ce qu’il s’était passé avec ses neveux. Bilbo semblait inquiet, comme s’il avait quelque chose à se reprocher.

« Très bien ! Nous monterons un camp ici ! » grogna le brun.

Les tâches furent rapidement réparties entre les différents membres de la compagnie. Dwalin, Nori et Bifur partirent chasser un peu de viande fraîche pour le souper, mais surtout s’occuper. Gloin partit couper du bois avec Oin, Bofur, Bombur. Et Ori s’était installé à l’ombre des arbres pour se reposer, pendant que Balin et Dori s’entretenaient de leur côté sur le temps restant jusqu’au jour de Durin. Gandalf regardait les bois, inquiet, en allumant sa pipe. La forêt n’était pas sûre, surtout pour des nains plus habitués à la montagne… Maudite soit la lignée de Durin et son entêtement.

Thorin avait retiré son manteau qui lui tenait chaud et avait retroussé ses manches avant d’aller voir le Hobbit.

« Bilbo… »

Ce dernier sursauta en entendant son nom. Il semblait plutôt nerveux quand il était aux alentours, ce qui piquait méchamment sa curiosité. Ses doutes furent confirmés quand, avec empressement, le Hobbit laissa tomber son package et essaya de s’enfuir.

« Je… je vais ramasser du bois ! »

Mais avant qu’il n’ait pu s’échapper, Thorin l’avait retenu par le bras.

« Gloin s’en charge ! »

« Je vais ramasser des champignons ? »

Il semblait de plus en plus désespéré au fur et à mesure que la poigne du chef des nains se resserrait. Avec un froncement de sourcil, il traîna le plus petit à sa suite sans écouter ses protestations.

« Gandalf, nous allons chercher Fili et Kili ! »

Le vieil homme sortit de ses pensées comme percuté par la foudre.

« Je vous ai dit que s’était dangereux. »

Avec un grognement, il fixa le mage dans les yeux.

« D’autant plus qu’il faut aller les chercher ! Nous ne nous enfoncerons pas loin dans les bois. Si mes neveux ne sont pas aussi stupides que je le pense en ce moment, ils ne doivent pas être bien loin. »

« De toute façon, quoi que je dise vous n’en ferez qu’a votre tête, Thorin Ecu-de-chêne… Et pourquoi donc traînez-vous ce pauvre Bilbo ainsi ? »

« Il va m’aider à retrouver mes stupides neveux. En tant que cambrioleur, il doit être capable de nous aider à mettre la main dessus. »

« Mais je… »

Il fut fusillé du regard par le nain aux cheveux long. Il ferma donc sa bouche et fixa ses pieds. Gandalf reprit avec un soupir.

« Bien, je ne puis vous retenir de toute façon, Thorin… La seule chose que je peux faire, c’est vous éclairer pour retrouver le chemin. »

D’un marmonnement il alluma son baton et le planta dans le sol.

« Suivez le lumière pour nous revenir sains et saufs… »

Avec un mouvement de tête pour acquiescer, Thorin fixa Orcrist dans son dos et partit en traînant toujours le pauvre Hobbit derrière lui. La poigne se fit plus légère mais le brun ne semblait pas vouloir le lâcher pour autant, comme s’il avait peur qu’il ne s’échappe.

Après plusieurs mètres dans l’épaisse forêt, Thorin finit par le libérer et s’arrêta pour le regarder dans les yeux. Un regard que ne put soutenir le plus jeune, baissant la tête vers ses pieds.

« Que ce passe-t-il ? »

« Comment ça ? »

Comme un orage s’alluma dans les yeux du nain, il saisit le hobbit par les épaules et le força à le regarder.

« Je peux savoir pourquoi tu m’ignores ? Pourquoi tu évites mon regard ? Ce depuis la taverne… Que s’est-il passé cette nuit ? »

« R… rien voyons… nous avons bu et je me suis endormi, voilà tout… »

« Vous êtes un piètre menteur, Bilbo Sacquet… Que. S’est. Il. Passé ? Kili et Fili t’ont encore malmené ? »

Une rougeur s’empara des joues du hobbit, du cou jusqu’aux bout de ses oreilles. Par ce phénomène, Thorin su qu’il n’avait pas tapé loin, Kili et Fili avaient encore fait quelque chose.

« Qu’ont-il fait ? »

« Rien de bien méchant… »

Thorin le lâcha pour ne pas laisser sa colère s’exprimer. Il fit quelques pas en lui tournant le dos.

« Ne pense même pas les protéger, dis-moi seulement pour savoir quelle punition ils vont mériter ! »

Les yeux écarquillés, le Hobbit se saisit de son bras totalement apeuré.

« Ils n’y sont pour rien ! Pour une fois, c’est moi ! Je leur ai demandé comment séduire un nain et Fili m’a montré, c’est tout ! »

Thorin resta stupéfait, Bilbo avait demandé… comment séduire un nain ? Pourquoi il leur avait demandé ça ? À ses deux idiots de neveux en plus ! S’il voulait quelque chose, c’est à lui qu’il fallait le demander ! Et surtout, qu’avait bien pu lui montrer Fili pour qu’il rougisse ainsi ?

« Que t’a appris Fili ? »

Il lui fit face de nouveau, glissant sa main sur sa joue. Le hobbit sembla en proie à des réflexions intérieures intenses, comme s’il essayait de se souvenir d’un rêve lointain.

« Il m’a dit qu’il ne fallait pas laisser parler un nain… comme ça… »

Sans prévenir, il se mit sur la pointe des pieds et embrassa Thorin. Surpris, le plus vieux se laissa faire, bouche bée, il ne s’attendait pas à ce que l’innocent Hobbit prenne les devants. Ce dernier profita de la stupeur du plus grand pour le pousser doucement contre un arbre. Sa langue jouant avec sa jumelle, il glissa timidement sa main sur le devant de son pantalon, appuyant sur la bosse se cachant en dessous.

« Ça marche ! »

« Qu’est-ce que… ? »

Mais sans réponse aucune à ses interrogations, il fut bientôt le pantalon ouvert, un hobbit à genou à ses pieds, la main fermement enroulée autour de son membre en train de le regarder comme hésitant.

« Qu’est-ce que tu fais… ? »

« Fili m’a dit de faire ça. »

Et sans plus d’explication, il prit le membre entre ses lèvres, doucement, un peu hésitant. Puis voyant que la bête ne mordait pas, il enfonça un peu plus de chaire dans sa bouche, les dents raclant doucement la peau sensible. La sensation fit grogner Thorin qui s’agrippa aux cheveux du plus petit. Bordel, mais que lui avait donc appris Fili ?

La sensation chaude et humide autour de son membre si réceptif le fit gémir, d’un coup il ne savait plus s’il devait tuer ou embrasser son neveu.

Bilbo couina quand la main du nain s’enfonça d’avantage dans son cuir chevelu, tirant quelques mèches douloureusement. Il leva les yeux pour voir s’il faisait quelque chose de mal mais le visage de Thorin exprimait tout le contraire. Crispé dans le plaisir, les yeux fermés, la tête en arrière contre l’arbre, il profitait du touché à chaque instant, luttant pour ne pas s’enfoncer d’avantage dans la bouche de son amant.

***

De son côté, Kili continuait d’avancer, poussant les branches de son passages tout en jurant et grommelant.

« Trop proch’ d’mon frère… pas sain… c’tait p’t-être plus sain quand j’avais ta queue dans la bouche, oncle Thorin !! »

Une main se posa sur son épaule. Il se retourna rapidement, près à dégainer son épée, mais son mouvement se figea en voyant que c’était Fili en face de lui. Soulagé que ce ne soit pas son enfoiré d’oncle, il se jeta dans les bras de son frère pour se blottir dans une étreinte réconfortante. Fili glissa doucement une main dans ses cheveux noirs et le câlina comme lorsqu’ils étaient enfants.

« Qu’est-ce qu’il se passe, Kili ? Pourquoi tu t’es sauvé comme ça ? Qu’a fait notre oncle pour que tu réagisses comme ça ? »

Il sentit son frère resserrer ses mains dans son manteau et se blottir d’avantage.

« Il a dit qu’on était trop proche, que c’était pas sain… »

Fili commençait à voir le nœud du problème. Lui aussi avait des doutes sur leur relation, leur statut de frère lui faisait se poser des tas de questions. Comment le prendraient les autres ? Seraient-ils rejetés ? Mais que ce soit leur oncle qui leur dise ça… C’était comme une trahison, un coup de poignard en plein cœur, il comprenait pourquoi Kili avait fui.

« Je t’aime, Kili » murmura-t-il à l’oreille de son frère. Ce dernier se recula pour le regarder, les yeux brillants de larmes contenues. Mais il ne disait rien, le regardant seulement surpris, ils ne se l’étaient jamais dit. Même si chacun de leurs actes le criait, les mots n’étaient jamais venus.

« Tu ne m’aimes pas ? »

« Si ! Je t’aime, Fili, je t’aime plus que tout !! »

Le blond lui fit un grand sourire, il l’embrassa chastement comme pour sceller leurs paroles.

« On s’aime, alors il n’y a rien de malsain… Si c’était à refaire, je le referais sans hésiter. »

Kili se blottit contre Fili. Thorin pouvait le rejeter, les autres pouvaient le rejeter mais du moment qu’il avait Fili, il savait qu’il pouvait faire face à tout ça. Les doigts abimés de son frères glissaient doucement dans ses cheveux comme lorsqu’ils étaient enfants. Apaisé par ce geste, Kili se détendit dans ses bras.

« Ne t’endors pas, petit frère… Il va falloir retrouver le groupe. Malgré le caractère de cochon de notre oncle, nous avons juré de le servir. »

Le brun hocha la tête et le prit par la main.

« On peut, les autres ne nous voient pas… s’il te plaît… »

Fili lui sourit doucement et l’entraîna vers l’arrière, sur le chemin qu’ils venaient de quitter. Mais alors que le plus vieux était sûr d’avoir marché seulement dix minutes tout droit, le chemin lui sembla plus long, différent… Après un long moment, le brun lui fit remarquer que l’arbre qu’ils venaient de passé ressemblait à celui qu’ils avaient vu plus tôt.

« C’est un arbre, Kili… Tous les arbres se ressemblent… »

Si les deux frères savaient faire la différence entre deux roches dans un tunnel sous la montagne, en forêt, chaque arbre était identique aux autres.

« Attends… »

Le plus jeune sortit un de ses poignard et marqua l’arbre qu’il pensait être identique. Ils reprirent donc leur chemin. C’est avec ennui que plusieurs minutes plus tard, Fili se rendit compte que son frère avait raison : l’arbre marqué se trouvait en face d’eux. Comment pouvaient-ils tourner en rond alors qu’ils ne s’étaient pas enfoncés si profondément dans la forêt ? Fili décida donc de changer de chemin, ça ne servait à rien de tourner indéfiniment en rond. Pour ne pas se perdre d’avantage, il marqua les arbres à chaque intersection, par où ils arrivaient et là où ils allaient. Au bout d’un moment, la forêt se fit de plus en plus sombre et les arbres de plus en plus inquiétants. Kili resserra sa main sur celle de son frère, se rapprochant de ce dernier.

« J’aime pas les arbres… »

« Tu n’as pas peur des trolls et des orcs, mais tu trembles pour des arbres ? »

« Certains arbres sont vivants dans les légendes, je sais comment tuer un troll ou un orc… mais comment on tue un arbre ? »

La question interloqua le blond. En effet, comment on tue un arbre ?… Il n’était plus vraiment sûr de lui d’un coup.

Mais ne voulant pas montrer son désarroi à son petit frère, il continua d’avancer, comme sûr de lui. Au loin, un rayon de soleil perçait à travers le feuillage. La sortie ? Il espérait vraiment qu’ils soient au moins du bon côté. Mais la lumière ne donnait pas sur la lande qu’ils avaient quittée en entrant dans les bois. Là, en face d’eux, se trouvait un petit lac baigné de lumière, une cascade coulant doucement faisant un bruit léger, donnant un aspect de paradis dans une si sombre forêt.

Kili lâcha sa main pour se diriger vers le point d’eau. Agenouillé devant l’eau cristalline, il s’en abreuva.

« On ne devrait pas rester là Kili, retournons au campement ! »

« Attends, j’ai trop soif. »

Il continua de s’abreuver, puis se redressa, s’essuyant la bouche d’un revers de main. Une goutte d’eau glissa de sa bouche jusqu’à son menton. Ne pouvant pas résister à une telle tentation, Fili s’approcha pour lécher la goutte d’eau, remontant jusqu’aux lèvres du cadet et l’embrassant doucement.

Kili le regardait, les yeux pétillants, comme lorsqu’il avait des bêtises derrières la tête, comme le jour où il s’était amusé à glisser une souris dans la barbe du pauvre Dwalin endormi. Avant que Fili n’ait eu le temps de le gronder pour la futur bêtise, Kili commençait à se déshabiller, son carquois et son arc, puis ses protections, son lourd manteau…

« Kili ! Nous n’avons pas le temps ! »

Le blond était mal à l’aise, dans une telle forêt ainsi à découvert. Mais le brun ne l’écoutait pas, il n’écoutait jamais quand il avait un mauvais pressentiment. Son frère n’en faisait qu’à sa tête, il ne put que ramasser ses affaires pour en faire un tas dans un coin avant qu’une paire de fesses nues lui passent sous le nez pour plonger dans l’eau.

« Brrrr… elle est froide. »

« Bien fait pour toi ! » grogna le blond.

« Viens la réchauffer avec moi, Fee ! »

Le blond roula des yeux, Kili l’appelait ainsi quand il n’était qu’un enfant, mais maintenant, il l’utilisait seulement pour obtenir ce qu’il voulait. Le blond n’était qu’un pauvre nain faible pour lui refuser, alors qu’il le regardait avec ses yeux de chiot barbotant dans l’eau.

Avec un soupir, le plus vieux se mit à nu également et entra dans l’eau doucement. Son frère n’avait pas tort : l’eau était glacée. Peu sûr, il avançait à tâtons, ne sachant pratiquement pas nager comme beaucoup de nain, les lacs n’étaient pas des plus communs dans la montagne. Amusé par le comportement de chat de Fili, Kili l’éclaboussa en riant, s’ensuivit une bataille d’eau bruyante. Si Thorin avait été présent, il aurait grogné son mécontentement devant de tels enfantillages pour des nains ayant passé le demi-siècle.

Le brun, plus sûr dans l’eau, prenait l’avantage sur son frère. Mais Fili, pour mettre fin à cette attaque sans fin, lui saisit les mains, ce qui eut pour effet de calmer immédiatement le plus jeune. Leurs regards étaient plongés l’un dans l’autre. Ce fut Kili qui fit le premier pas. Se collant à son frère, il passa ses mains dans ses cheveux pour l’embrasser tendrement.

L’eau était, d’un coup, bouillante autour d’eux. Leur corps glissait l’un contre l’autre, leur souffle se perdait l’un dans l’autre. Kili pouvait sentir le membre dur pour lui contre sa hanche.

« Tu es insatiable » fit-il avec un gloussement.

« Tu ne sembles pas mieux, mon frère… »

« Mais moi, je suis jeune. »

« Hey ! On n’a que 5 ans d’écart ! »

« Mais tu seras toujours 5 ans plus vi… »

Fili fit taire l’insolant en l’embrassant brutalement. Haletant, Kili griffa doucement ses épaules, glissant par la suite ses mains sur son torse, puis entre leur deux corps. La bouche de son aîné glissa jusqu’à son oreille sensible, le faisant couiner d’envie alors que sa propre main saisissait leur virilité afin de les caresser en même temps.

« Kili » gémit le blond contre l’oreille du brun. Le souffle et le plaisir qu’il ressentait fit se resserrer d’avantage ce dernier contre le corps plus large du blond.

« Fee… t’aime… »

Avec un grognement le blond joignit sa main à celle de son frère pour accélérer le mouvement, ils se donnaient du plaisir ensemble. Ils étaient liés, dans l’âme, dans le sang et dans leur cœur. Les mouvements devenaient de plus en plus erratiques. Le bruit des mouvements dans l’eau et leurs gémissements brisaient la tranquillité de l’endroit. Lorsque la jouissance les frappa, Fili mordit l’épaule de son frère alors que ce dernier poussait un petit cri mélange de plaisir et de douleur.

Ils restèrent ainsi dans l’eau, essoufflés, reprenant leurs esprits. Le blond caressait doucement le dos de son frère, observant le ciel bleu qui s’étendait au-dessus de leur tête.

« Je t’aime aussi, Kee… »

Le moment de plénitude passé, la froideur de l’eau se fit de nouveau ressentir et pour ne pas attraper la mort, les nains finirent par sortir. Leurs pantalons et leurs bottes de nouveau sur leurs jambes, leurs chemises sur leur dos, ils allaient prendre leurs protections et leurs armes quand une flèche vint se planter aux pieds de Kili.

Rapide comme l’éclair, Fili se saisit d’un poignard se trouvant dans sa botte et se plaça devant son frère de manière protectrice. Il pouvait entendre Kili prendre sa propre arme derrière lui.

« Montrez-vous ! »

« Je n’ai pas d’ordre à recevoir d’un nain… » fit une silhouette en sortant de la lisière de la forêt. Grand, blond, les cheveux finement tressés sur des oreilles pointues, un arc dans les mains où était déjà placé une flèche prête à être tirée… un elfe.

« Que font deux nains dans la Forêt Noire ? À part souiller les eaux claires de son cœur ? »

« On n’a rien souillé, espèce de grande gigue avec un manche à balai carré là où je pense ! »

Fili fut soudain exaspéré par le comportement de son frère. Il n’appréciait pas plus que lui les elfes mais il voulait éviter d’être fléché à vue alors, pas très discrètement, il mit un coup de coude dans les côtes de son frère et lui intima de se taire.

« Nous sommes entrés par erreur dans votre forêt et nous nous sommes perdus. Attiré par la beauté de l’eau nous n’avons pas pu nous empêcher de nous y baigner. Mais à présent, avec votre bénédiction, pourriez-vous nous aider à sortir de cette forêt ? »

Kili était bluffé par le self contrôle de son frère, ce dernier détestait les elfes autant que lui, un peu –beaucoup – à cause de leur oncle Thorin, mais pourtant il avait su faire preuve de courtoisie et de réserve. Il savait maintenant pourquoi tout le monde disait qu’il serait le descendant de Thorin, Roi sous la Montagne.

L’elfe sembla réfléchir quelques instants, puis baissa son arc mais ne retira par la flèche pour autant. Il s’approcha d’avantage, il avait les yeux bleus pleins de malice et un sourire agréable.

« Je comprends que vous soyez ébahis par la beauté de la maison des elfes. Après tout, à part vos roches et vos mines, cet endroit doit ressembler au paradis pour vous. »

Le blond grinça des dents « bâtard arrogant » pensa-t-il en donnant un autre coup à Kili pour ne pas qu’il exprime ce que lui avait pensé très fort.

Pour calmer les esprits, Fili rangea son poignard dans sa botte et fit signe d’en faire de même pour son épée. L’elfe de bonne foi, rangea la flèche dans son carquois.

« Je suis Fili, fils de Dis et voici mon frère, Kili. »

Les yeux bleus de l’elfe les regardèrent étrangement au terme « frère », avait-il vu quelque chose ? Ou bien se posait-il des questions sur leur ressemblance très éloignée comme le faisait un bon nombre d’hommes et de nains quand ils l’apprenaient ? Mais la lueur disparue bien vite pour retrouver son pétillement malicieux.

« Je suis Legolas, fils de la Forêt Noire. »

Le nain s’inclina légèrement par respect, Kili l’imita et ils furent suivis par l’elfe.

« On peut se rhabiller ? » demanda vertement le plus jeune, la chair de poule sur les bras et grelotant.

Avec un rire cristallin l’elfe acquiesça. Une fois leur tenue entièrement revêtue, leurs armes rangées dans chaque cache, ils se tenaient bien droit devant l’elfe. Fili leur expliqua qu’il venait du village des hommes, lui donnant le nom l’elfe prit donc la tête de la marche vers la bonne direction.

« Nous en avons pour une bonne heure de marche, alors vous pourriez en profiter pour me dire ce que font des nains perdus dans une région où l’on n’en a pas vu depuis un temps reculé. »

Kili laissa parler son frère, il était un piètre menteur contrairement à son ainé qui savait habilement cacher la vérité.

« Nous nous rendons vers les Monts de Fer, bien à l’est d’ici. Nous longions la forêt quand mon frère a eu des mots avec notre oncle et s’est enfoncé sans réfléchir dans les bois. »

Le brun eut la bonté de rougir devant le reproche à peine dissimulé. Legolas eut de nouveau un rire. Kili crut d’abord qu’il se moquait de lui, il allait répliquer vertement quand l’elfe reprit.

« J’ai souvent des mots avec mon père, nous avons une vision différente de la vie je pense… Il ne faut pas se laisser faire, même si avec l’âge, on met un peu d’eau dans son vin. »

Fili fut le premier surpris, discuter avec un elfe pouvait être… agréable. Il n’était ni prétentieux, ni vaniteux, amusant et sûrement « jeune » pour sa race. Il ressemblait beaucoup à Kili en fait, avec son esprit aventureux et en contradiction avec l’autorité.

L’heure passa étrangement vite entre rires et discussions légères. Legolas, grâce à ses yeux d’elfes, avait pu remarquer une lumière étrangement brillante provenant de l’extérieur de la forêt. Les voix puissantes des nains se firent rapidement entendre, ils n’étaient qu’a quelques pas des leurs. Ils s’arrêtèrent un peu avant pour les au revoir, il ne valait mieux pas que les autres les voient avec un elfe.

« Ce fut un plaisir de vous rencontrer, Fili, Kili. »

« De même, Legolas, c’est un plaisir d’avoir pu discuter civilement avec un elfe. »

Le blond rie alors encore devant la franchise de l’aîné des deux frères.

« Qui sait, peut-être nous reverrons nous ? »

« J’espère ! » s’exclama Kili, faisant glousser de nouveau le plus grand.

Avec un signe de main amical, ce dernier disparu comme une ombre entre les arbres. Prenant leur courage à deux mains, prêt à subir toutes les remontrances de la part de leur oncle, les frères sortirent des bois pour tomber nez à nez avec un Gandalf inquiet.

« Vous voilà ! Où étiez-vous donc passés ? »

Dwalin passa derrière et leur colla une belle paire de claques derrière la tête.

« Désolé, on s’était perdus, mais on a fini par retrouver notre chemin. Alors nous voilà, sains et saufs, n’est-ce pas le plus important ? »

Fit le brun avec un grand sourire, ce qui lui valut de se faire traiter de stupide nain par Gandalf. Fili était troublé par quelque chose, ou plutôt par une absence.

« Où est notre oncle ? »

« Il est parti vous chercher… J’espère qu’il ne s’est pas perdu lui aussi… »

Lui et son sens de l’orientation, il s’était perdu deux fois pour aller chez le hobbit… Mais leur mauvaise foi fut trompée quand sortirent Thorin et Bilbo des bois sombres.

« Nous ne les avons pas retrouvés » grogna le plus vieux avant d’avoir pu poser les yeux sur ses deux stupides neveux qui lui faisaient un petit signe de main. Kili et Fili fermèrent les yeux, s’attendant à la colère, à une grosse correction et à des sermons. Ils sursautèrent quand une lourde main se posa sur chacune de leurs épaules et leurs yeux s’ouvrirent en grand lorsqu’ils furent tirés dans une étreinte chaleureuse.

« Ne recommencez plus jamais ça ! Compris ? »

« Compris. » Fili fut le premier à répondre.

Kili se rappela les paroles pleines de sagesse de l’elfe, mettre de l’eau dans son vin… Bon, même s’il préférait la bière, il le ferait quand même.

« Compris, mon oncle… »

Thorin se recula, les regardant avec un mélange de crainte et de soulagement. Son cœur se serait brisé s’il les avait perdus.

« Nous finirons de camper ici pour ce soir et nous reprendront la route demain » beugla le plus vieux en rejoignant les affaires qu’il avait laissé.

Les deux frères observèrent Bilbo faire de même, avec une légère claudication mais un sourire d’imbécile heureux sur le visage.

« Partit nous chercher… mon œil oui ! » marmonna le brun.

« Chuut » pouffa le blond, ne pouvant s’empêcher d’éclater de rire quand le hobbit eut une grimace en s’asseyant.

Son oncle pouvait être de bonne humeur maintenant, qu’il avait eu ce qu’il voulait.

Pendant ce temps, Legolas rentrait tranquillement, se remémorant sa rencontre avec les nains. En fait, il avait bien profité du spectacle avant de se faire connaître.

« Qui aurait pu imaginer qu’il y ait des nains si sexy… »

Thranduil eut un frisson sur son trône. Il avait l’impression que quelque chose d’horrible venait d’être dit quelque part en Terre du Milieu.

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