Jounetsu [Hobbit] - Fanfics
Hobbit - fanfic yaoi - chapitre 3
Après les baies, Bilbo ne mangeait presque plus. Il picorait tout juste. Thorin le forçait presque à manger pour ne pas qu’il s’effondre en marchant. Malgré le peu de ressources dont il disposait, Bombur redoublait d’ingéniosité pour varier les repas autant que possible et en venait presque à croire que le cambrioleur avait une dent contre sa cuisine. Mais il fallait ajouter à cet épisode malheureux le fait que Cul-de-sac et son confort rassurant lui manquait. Le hobbit n’en disait rien car les nains ne comprendraient pas. « Ce sont des guerriers, des mineurs, des forgerons… Ce qu’on ne connait pas ne peut pas nous manquer », pensait-il. Son regard se posa alors sur Thorin qui marchait un peu plus loin devant lui. Et lui ? Lui manquerait-il une fois la quête achevée ? Maintenant, il connaissait Thoin, son cœur, son corps connaissaient Thorin et il n’avait aucunement envie de s’en passer, même si ce qu’ils avaient fait dans la grotte quelques jours plus tôt ne s’était pas reproduit. Qu’allait-il se passer une fois que les nains auraient récupéré leur montagne ? Tous resteraient à Erebor, avec les autres de leur race, reconstruisant leur palais souterrain de nouveau riche et puissant, fiers d’avoir terrassé un dragon cracheur de feu. Vengés, leur honneur et la noblesse de la lignée de Durin seraient restitués. Thorin serait enfin « Roi sous la Montagne ». Mais lui, seul hobbit de cette compagnie, devrait repartir… retourner dans la Comté… rentrer chez lui… seul… sans les nains… sans Thorin… Peu lui importait l’or mentionné par le contrat, les histoires à raconter que Gandalf lui avait promises, Bilbo ne voulait pas de cette fin. Son cœur se serra et sans trop s’en rendre compte, les pas de Bilbo ralentissaient, voyant Thorin et les nains s’éloigner de lui. Dori se retourna et vit que le hobbit n’avançait presque plus, le visage inquiet regardant au loin.
- Quelque chose ne va pas, Monsieur Saquet ?
Thorin fit volte-face presque aussitôt, arrêtant toute la compagnie.
- Euh… Je… S-si, ça va… Ça va aller… Ne vous en faites pas !... bredouilla le semi-homme.
L’héritier de Durin lança un regard noir à ses deux neveux qui s’empressèrent de secouer la tête et de nier en silence. Pour une fois, ils n’y étaient pour rien, ils n’avaient rien fait ! Balin pris alors la parole.
- Thorin, nous ne sommes pas loin de la Vieille Route de la Forêt. Si ma mémoire est bonne, il y a un village de commerçants un peu plus loin. Nous pourrions y passer la nuit…
Le regard de Thorin scruta les visages de ses compagnons fatigués par de si longs jours de marche. L’endurance n’était pas le fort des nains… Il s’attarda un peu plus sur son amant qui le fuyait presque du regard avant de s’adresser à son plus proche conseiller.
- Guide-nous.
Balin acquiesça avec ce léger sourire bienveillant qui le caractérise et pris la tête de la marche. Les derniers rayons de soleil décroissaient quand ils aperçurent les premières maisons d’hommes. Les façades étaient anciennes, le bois des charpentes décoré, mais les peintures défraichies et les gravures abimées témoignaient de l’ancienne richesse du lieu à ce jour quasi dépeuplé. Quelques bucherons et de rares artisans semblaient subsister, et la compagnie trouva tout de même une auberge. L’établissement était en piteux état mais de la fumée s’échappait de la cheminée et il faudrait s’en contenter. Gandalf prit les devants et entra le premier. Quelques hommes étaient attablés près du feu et se retournèrent en silence quand ils entendirent la porte s’ouvrir. L’un d’eux se leva et s’avança. Il était presque aussi grand que Ganndalf, imposant et large d’épaules.
- Eh bien, il y a fort longtemps que nous n’avions eu pareille visite en ces lieux !
- Nous souhaiterions passer la nuit ici, si cela est possible, bien entendu, dit le magicien, faisant preuve d’un peu de courtoisie.
- Vous avez de quoi payer ? lança froidement l’aubergiste en détaillant cette troupe peu ordinaire.
Avec un air féroce mais sans un mot, Dwalin fit tinter les pièces dans sa bourse. Avec un léger sourire en coin, le tavernier s’écarta, invitant ces visiteurs à entrer et s’installer où bon leur semblerait. Sans plus se faire prier, les nains prirent possession des lieux dans un joyeux brouhaha, s’affalant sur quelques bancs et tabourets.
- Et que boit-on à l’Est des Monts Brumeux ? lança Gloïn haut et fort.
Pour toute réponse, l’homme déposa une chope de bière fraiche sous le nez du Seigneur nain. Ce dernier en apprécia l’arôme et les parfums avant de reprendre la parole.
- Eh bien, vous ne recevez peut-être pas beaucoup de visiteurs mais vous savez y faire avec les nains ! Plaisanta-t-il avant que ses camarades commandent la même chose.
Voyant que le magicien et l’autre créature plus petite qu’un nain n’avait rien demandé, le tavernier leur proposa un vin des elfes de la Forêt Noire pour les faire patienter. Il lui faudrait du temps pour préparer assez de nourriture pour tous ces ventres. Heureux de passer une nuit avec un toit au-dessus de la tête, la bonne humeur des nains contamina les autres occupants de l’auberge, amusés devant un tel spectacle. La bière coulant et l’ambiance se réchauffant, Bofur se mit à fredonner une chanson naine alors que ses compagnons battaient la mesure en frappant sur la table avec leur chope.
- Y’avait soit disant du Mithril… Si y’en avait, on sait pas où y s’trouvait !...
Ils plaisantaient presque autant qu’ils buvaient et le chef de cette expédition avait fort à faire pour surveiller qu’aucun ne laisse échapper la moindre information quant à la teneur de leur quête. Bilbo, bien que soulagé à l’idée de passer enfin une nuit dans un vrai lit, avec un oreiller moelleux et des couvertures sèches, était mélancolique et se tenait à l’écart de la conversation. Il alla s’installer seul à une table près de la cheminée. Alors qu’il regardait le feu crépiter dans l’âtre, quelque chose de massif fut posé devant lui. Une pinte. Détaillant la grande quantité de bière sous son nez, Bilbo ouvrit des yeux exorbités et interrogateurs vers le tavernier.
- C’est de la part du jeune Seigneur nain, là-bas, dit-il en désignant Fili d’un coup de menton.
Le hobbit lui lança un regard en coin, suspicieux, les sourcils froncés. Le blond, au comptoir, qui attendait que sa choppe soit à nouveau remplie, leva les mains d’un air innocent.
- Je jure qu’il n’y a rien d’étrange dedans, je ne l’ai même pas touchée, je n’ai fait que la payer !
Le neveu de Thorin tentait probablement de de faire la paix en lui offrant ceci. Certes, comme n’importe quel hobbit, Bilbo aimait les liqueurs, le vin, le cidre, la bière… mais son estomac était-il seulement capable d’en ingurgiter une telle quantité après avoir été aussi malade ?... Après tout, il n’était pas rancunier. On la lui offrait, il devait l’accepter par politesse. Autant en profiter et, qui sait, peut-être que l’ivresse le gagnerait un peu et lui ferait oublier un temps sa mélancolie. Attrapant l’immense chope à deux mains, il y plongea les lèvres et en but une gorgée. « Elle ne vaut pas la bière qu’on sert au Dragon Vert », pensa-t-il en prenant une autre gorgée. « Ça serait tout de même mieux avec une tourte à la viande et des pommes de terre… et des carottes… »
Près du comptoir, Kili avait rejoint son grand frère pour se réapprovisionner lui aussi en boisson. Il remarqua que Fili observait fixement le hobbit rêveur, le nez plongé dans sa chope jusqu’aux yeux.
- Il a commandé une pinte ? s’étonna le plus jeune.
- JE lui ai commandé une pinte… rectifia le blond. On lui devait bien ça après tout ce qu’on lui a fait…
- Mouais… mais ça m’enlèvera pas de la tête qu’il nous a pris notre oncle ! marmonna le plus jeune. Depuis qu’on est repartis, Thorin est aux petits soins avec lui et il n’arrête pas de nous fusiller du regard dès que sa chochotte à un vertige. C’est bon, il n'est plus malade…
- Kili ! Tu ne vas pas recommencer avec ça ! Tu m’as moi, ça ne te suffit pas ?
- C’est pas ça mais… Thorin est à nous !
Si l’ainé semblait prêt à laisser son oncle faire ce que bon lui semblait, il n’en était pas de même pour le cadet. Fili ne pouvait s’empêcher de trouver cette moue boudeuse attendrissante. Observant le visage de son petit frère, les yeux du blond s’attardèrent un peu plus sur ses lèvres. Il repensa à la nuit où Thorin les avait punis d’avoir failli empoisonné le hobbit, cette nuit où il s’était rendu compte qu’il aimait et désirait Kili plus que n’importe qui. Il revoyait presque ces mêmes lèvres s’affairer sur le membre gonflé de leur oncle. Il voulait les faire siennes une fois de plus, sentir la langue de Kili jouer avec la sienne. S’il s’était écouté, il l’aurait embrassé à pleine bouche, là, tout de suite. Mais en pleine lumière et devant tout le monde, ce n’était pas correct… Pourtant, il en avait envie… tellement envie… Son frère l’arracha brutalement à sa rêverie.
- Qu’est-ce qu’il lui trouve ? marmonnait encore Kili.
- Kili… soupira le blond.
- Non mais regarde-le… Il est petit et maladroit, incompétent, insignifiant…
- Kili… tenta une nouvelle fois son frère sans plus de succès ni de motivation.
Profitant de l’absence du tavernier, le brun sauta derrière le comptoir et en ressortit avec une bouteille de liqueur de poire.
- Je m’en vais le faire parler à ma façon !
- Kili ! Arrête ! J’ai promis à Thorin qu’on n’embêterait plus Bilbo !
Le plus jeune ne l’écoutait déjà plus et était allé s’assoir en face du hobbit qui avait tout de même fini la pinte de bière. Kili posa un petit verre devant Bilbo et le remplit d’alcool. Ce dernier, assez méfiant, ne bougea pas, détaillant tour à tour le verre, la bouteille et le nain en face de lui.
- Tu n’aimes pas la liqueur de poire ?
- …Si… hésita le semi-homme.
- Par la barbe de Durin !
Le jeune nain pris le verre et le but d’un trait avant de le reposer sur la table et de le remplir à nouveau.
- C’est bon, je ne vais pas t’empoisonner, je viens m’excuser !
Bilbo resta interrogateur un instant. Mais il avait accepté la bière de Fili, il ne pouvait pas refuser ce verre sans blesser l’orgueil du nain et risquer de mettre une sacrée pagaille dans la compagnie. Les nains ont leur honneur à défendre et ils n’en démordent pas. Il saisit le verre d’une main hésitante et le vida d’un trait avant de le reposer sur la table. Kili sourit. Il versa une 3° fois de la liqueur dans le verre avant de la boire et de le tendre à nouveau plein à Bilbo. Ce dernier compris vite dans quoi voulait se lancer le jeune nain et lui-même était plutôt doué à ce jeu-là. Autant essayer, après tout, ça lui changerait peut-être les idées.
Les verres défilants et la bouteille se vidant petit à petit, les deux concurrents se laissaient gagner par l’ivresse et déblatéraient parfois des phrases incompréhensibles entre deux gorgées.
- Non mais c’est la bière de Lézeau qui est la meilleure, articula péniblement Bilbo déjà passablement éméché.
- Et bien moi, je dis que rien sur cette Terre du Milieu ne vaut la bière qu’on boit dans les Montagnes Grises !
- Non mais de toute façon, vous, les nains, ne jurez que par vos montagnes ! Rien d’autre ne compte pour vous, à part peut-être l’or et les joyaux…
A ses mots, Kili sentit son cœur se serrer. Non, il n’y a pas que l’or et les joyaux…
- Toi, tu comptes pour mon oncle…
- Pourquoi ? Parce qu’il a été gentil une fois avec moi ? Il est Roi avant tout, il pense à son royaume et à son peuple… Mais moi… Moi… Une fois que tout sera fini, il faudra que je reparte et il m’oubliera… Aucun nain n’a besoin d’un cambriobbit…
Les vapeurs d’alcool avaient sans nul doute bien assez entamées la lucidité du semi-homme qui vidait son sac sans réfléchir. Kili, quant à lui, avait encore les idées claires et n’en revenait pas de ce qu’il entendait. Bilbo se lança alors dans un monologue ininterrompu.
- Une fois que ma mission sera accomplie, je ne servirai plus à rien… Et si j’échoue, que se passera-t-il, hein ?... Je ne suis pas un mineur, ni un forgeron… Je ne suis pas un nain… Je ne suis doué pour rien en particulier… Je suis… Je suis un cabrioleur qui n’a jamais rien volé… Même si Thorin dit le contraire… Qu’est-ce que j’ai volé, moi ?... Hein ?... Qu’est-ce que j’ai volé ?... Son cœur ?... Ça m’étonnerait ! Ce n’est pas mon cœur qu’il veut… Ce qu’il veut, lui, c’est le Cœur de la Montagne… L’Arkenstone… La Montagne… Il n’y a que ça dans son cœur et dans sa tête !...
Le jeune nain était partagé entre joie et déception de voir le peu de confiance que le hobbit accordait à son oncle, à son Roi, et à l’affection que celui-ci lui portait. Jugeant que l’alcool lui faisait dire n’importe quoi (ou que Bilbo cachait bien son jeu), Kili jugea qu’il était temps pour son compagnon de beuverie d’aller se coucher. Il fait un signe à son frère qui abandonna sa chope sur le comptoir trop haut et les rejoint.
- Il ne tient pas l’alcool, y’a rien à en tirer, autant le faire dormir…
Le blond soupira et aida Bilbo à se lever. Kili rattrapa au vol le verre que le cambrioleur manqua de peu de briser par terre. Ses mouvements étaient si mal coordonnés que Fili devait le retenir par son veston comme une marionnette pour éviter que lui aussi aille à la rencontre des lourdes dalles de pierre.
De l’autre côté de la grande salle, Thorin leva le nez de son assiette et vit ses 2 neveux emmener on ne sait où son amant comme un pantin désarticulé. Par la barbe de Durin, mais quel coup fourré préparaient encore ces deux-là ? Alors qu’il se levait de son tabouret et s’apprêtait à intervenir, un client de l’auberge pris la parole.
- Dites-moi, petits messieurs, qu’est-ce qui vous amène si prêt de la Forêt Noire ? On n’avait plus vue une telle troupe depuis… pfiou ! Pas de mon temps en tout cas !
Ori, qui avait un peu trop abusé de la boisson, tenta une réponse parfaitement inintelligible avant même que Thorin ou un autre n’ait le temps d’échafauder un mensonge quelconque. Un vieil homme, aussi peu sobre que le plus jeune des nains, crut déchiffrer quelques mots.
- De l’or ?! Mais il y en a, de l’or, là-bas, dans la montagne, de l’autre côté de la forêt !
A ces mots, Thorin perdit aussitôt le fil de ce qu’il comptait faire et s’attela à décrypter du mieux qu’il pouvait ce que raconter ce vieil ivrogne.
- De grandes salles de pierres sculptées, remplies d’or jusqu’au plafond ! J’y suis allé, moi, y’a quelque temps…
- Arrête tes bêtises, le coupa son voisin de table en lui donnant un coup de coude en riant.
- Mais c’est vrai, je l’ai vu ! De l’or partout !
- Et tu n’en as même pas ramené un sac ? se moqua un autre.
Pendant ce temps, Fili et Kili s’attelaient bon gré mal gré à préparer Bilbo à dormir. Non pas que le hobbit soit particulièrement difficile à maitriser mais il s’agitait comme un enfant qui n’a pas envie de se coucher. Il baragouinait sans cesse des phrases plus ou moins cohérentes et articulées que les 2 frères n’écoutaient que d’une oreille. Soudain, il agrippa à deux mains la chemise de Fili et le regarda droit dans les yeux avec un air désespéré.
- Toi, tu pourrais me le dire, hein ? Qu’est-ce qu’il faut faire pour plaire à un nain ?
- Pourquoi tu demandes ? Tu veux me prendre aussi mon frère, c’est ça ? hurla Kili, sentant la colère et les larmes monter en lui alors que son frère ne savait pas quoi répondre.
- Qu’est-ce que je dois faire pour que Thorin m’aime ? ajouta le cambrioleur toujours aussi innocemment.
- Mais tu ne vois pas qu’il ne fait que ça ?! criait toujours le plus jeune. « Où est le hobbit ? Attention au hobbit ! Protégez le hobbit ! », le hobbit par ci, le hobbit par là… C’est à croire que les autres sont aveugles pour ne rien voir ! Et Gandalf, ah ! Lui, je suis sûr qu’il fait exprès de ne rien dire, mais il doit bien rire de nous sous son grand chapeau !
- Pour séduire un nain, finit par dire le blond calmement, il ne faut pas le laisser parler.
Alors que son petit frère déversait toujours sa colère sur Bilbo qui ne l’écoutait pas, Fili l’attrapa par les cheveux et l’embrassa avec passion sans lui laisser la moindre occasion de se dérober ou de protester. Il menait la danse, imposant presque sa langue sur celle de Kili jusqu’à bout de souffle. Quand leurs lèvres se séparèrent et que Fili relâcha sa prise dans les cheveux du jeune nain, celui-ci semblait être devenu soudainement muet, rougissant les lèvres brillantes.
- …comme ça… conclut le blond.
- Ooooooooooh ! D’accord… acquiesçait Bilbo sans bouger, les yeux et la bouche grands ouverts. Et après ?...
- Après ?... Regarde !
Fili défit sans mal la ceinture de mon frère et envoya rapidement valser les premières couches de vêtements.
- Hey ! Pas dev-
Kili n’eut pas le loisir de finir sa phrase, son frère s’emparait à nouveau de ses lèvres en le plaquant contre un mur. Le blond avait passé une main sous sa chemise, remontant le long de son torse. Caressant et tordant un bouton de chair, Fili sentait que son frère se retenait de gémir. Il ouvrit alors sa chemise et la descendit sur ses coudes pour l’empêcher de bouger. L’ainé entreprit alors de marquer le cou et l’épaule de Kili, laissant des marques rouges. Le plus jeune se mordait la lèvre, tentant de retenir ses soupirs et ses gémissements. Soudain, tout en les observant attentivement, la tête penchée sur le côté, Bilbo les interrompit.
- Ça marche vraiment, ça ?...
Fili soupira. Décidément, ce hobbit trop bavard commençait à l’agacer. Il était temps de le faire taire. Il laissa son frère en plan, haletant et un peu déboussolé, pour asseoir le hobbit sur le lit trop haut pour eux. Sans lui demander son avis, il fit tomber ses bretelles et déboutonna son pantalon trop court. A demi surpris, il découvrit le membre déjà gonflé, l’alcool n’ayant visiblement pas affecté l’effet du spectacle auquel il avait eu droit. Fili s’en empara d’une main et commença un lent mouvement vertical, alternant pression et relâchements. Bilbo sentait sa respiration et son cœur s’accélérer petit à petit. L’ainé des neveux du Roi se pencha alors et frôla du bout de la langue la virilité dressée du Hobbit. Celui-ci ne put retenir un soupir de plaisir.
- Tu sais que ça marche quand il commence à réagir comme tu es en train de le faire, dit Fili à voix basse.
Le blond jeta un coup d’œil à son frère : Kili n’avait pas bougé d’un pouce. Il observait la scène, s’imaginant à la place de Bilbo. Le jeune nain savait mieux que personne à quel point son frère était habile de ses mains dans ces moments-là. Son corps s’en souvenait comme si ses doigts le parcourait en ce moment-même. Faisant mine de n’avoir rien remarqué, Fili s’agenouilla et repris son activité. Il fit glisser sa bouche sur le membre du hobbit, imprimant un mouvement de va-et-vient de plus en plus appuyé. Bilbo avait basculé sa tête en arrière et ne pouvait plus empêcher ses gémissements de se faire entendre. Sous un tel traitement, tout son corps se tendait, ses mains se crispaient sur la fourrure du lit. Bientôt, il sentit sa virilité gonfler et il se libéra entre les lèvres du nain.
Bilbo se laissa tomber en arrière sur le lit, l’esprit embrumé. Fili se releva et regarda alors vers son frère qui détourna le regard, rougissant jusqu’aux oreilles de se sentir ainsi à l’étroit dans son pantalon. Défaisant sa propre ceinture et se débarrassant de son plastron et de sa chemise, le blond lui fit signe d’approcher avec un petit sourire en coin. Le plus jeune s’exécuta sans réfléchir et s’assit au bord du lit. Fili le débarrassa de son pantalon et l’allongea délicatement sur la fourrure du dessus de lit, les jambes dans le vide, et se positionna entre ses cuisses.
- Je vais te montrer pourquoi ce n’est plus notre oncle que je veux désormais, lui murmura-t-il à l’oreille.
Avec toute la tendresse et l’amour qu’il portait à son petit frère, il déposa des baisers brûlants de passion sur ce torse sous lui en le caressant. D’un bras, l’ainé souleva un genou de Kili, alors que son autre main demandait l’entrée de son intimité. Il le prépara comme son oncle lui avait dit : d’abord un doigt, puis un deuxième, pour ne pas lui faire mal. Quand il sentit que les muscles étaient enfin détendus, il retira ses doigts. Son cadet ne put retenir un gémissement de frustration. Brûlant d’envie, Fili se plaça rapidement devant cette entrée et s’y enfonça d’un coup de hanche un peu trop brusque, arrachant à Kili un cri de surprise et de douleur mêlées. Le plus âgé des deux nains attendit quelques instants que son amant se soit habitué à sa présence en lui avant d’amorcer un lent mouvement de hanches. Le blond se sentait de plus en plus enfiévré de voir Kili s’abandonner à lui, gémissant et se cambrant entre ses mains, contre son corps. Il le désirait, il le voulait, lui, son petit frère, et il le voulait pour lui seul, ne le laisser à personne, même pas Thorin. Son oncle n’aurait qu’à se contenter de Bilbo, ça lui importait peu du moment qu’il avait Kili. Et justement, en ce moment même, il l’avait, pour lui tout seul. Cette idée suffisait à lui faire oublier la présence du cambrioleur à l’autre bout du lit. Plus rien d’autre ne comptait que Kili. Il ne fallut pas longtemps pour que les deux neveux du Roi se libèrent presque simultanément dans un cri de jouissance à peine étouffé.
Ils prirent le temps de retrouver une respiration régulière avant de ramasser grossièrement leurs affaires et d’aller se coucher l’un contre l’autre dans le lit voisin. Bilbo, quant à lui, ne semblait plus être à même de faire la conversation, quel que soit le sujet. Il cuvait et somnolait, rêvait même à voix haute par moment, débraillé, les pieds sur les oreillers.