Jounetsu [Hobbit] - Fanfics

Last update : 2013-03-27

Hobbit - fanfic yaoi - chapitre 2

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Kili et Fili aimaient bien Bilbo au début… car il y avait un début… Une rencontre dans un trou perdu au milieu d’une région perdue appelée la Comte. Gandalf les avait amenés chez ce cambrioleur marrant et dont la nourriture était exquise.

Ils avaient ri et chanté, puis Thorin était venu pour qu’enfin la quête puisse débuter. Quand Bilbo avait refusé l’aventure, ils avaient été quelque peu déçus. Ils pensaient en faire un de leur sujet de blague mais ça, c’était avant… car il y avait un avant…

Maintenant, ils espéraient même qu’il ne soit jamais apparu dans leur vie, que Thorin n’ait jamais posé les yeux sur ce misérable vermisseau. Après l’épisode de la grotte, Fili avait raconté à Kili ce qu’il avait vu sous la cape elfique, la passion de leur oncle pour Bilbo, leur étreinte passionnée au fond de la caverne, l’abandon de leur corps. Plus son récit se faisait précis, plus Fili pouvait voir les dents de son frère se serrer et ses yeux s’embuer de larmes. Avec plus de contenance, il ressentait néanmoins la même chose au fond de lui, une sensation de trahison au fond de son cœur. Il avait serré son frère dans ses bras, lui caressant doucement les cheveux.

« C’est sûrement passager… Une curiosité envers la nouveauté… Les nains restent toujours avec les nains Kili, il reviendra vers nous. Ce n’était qu’une fois… »

Plus il parlait, plus il se demandait qui il essayait de convaincre, son frère ou lui ? Les mains du plus jeune se resserrèrent sur sa tunique, il ne le croyait pas…

Lui non plus ne se croyait pas…

Les jours qui suivirent furent silencieux de la part des deux frères. Ils étaient abattus et ni la montagne, ni la pluie incessante n’étaient d’un grand réconfort. Mais au moins ces éléments leur offraient une bonne excuse : personne n’avait l’âme à rire dans un tel décor, alors ils ne cherchaient pas pourquoi les neveux de leur chef avaient une telle mine sombre.

Quand les géants de pierres se firent la guerre, ils crurent que c’était finit, pour Fili, pour leur chef et pour le hobbit qui les accompagnait. Quand Fili fut séparé du groupe avec les autres, Kili crut que son cœur allait s’arrêter… Son oncle avait hurlé le nom de son frère avec une douleur non feinte. Mais avec soulagement, les nains avaient réussi à s’en sortir. Par contre, si Kili avait cru mourir d’inquiétude pour son frère, quand ce fut Bilbo qui faillit tomber dans le vide, il eut la honte de ressentir un pincement de joie au fond de son cœur. Mais la culpabilité le submergea peu après, sa jalousie ne devait pas le pousser à souhaiter la mort d’un autre.

Encore une grotte, ils étaient glacés. Pas le droit au feu, leur oncle était un tirant parfois. Fili et Kili, murmurant à l’écart, observaient du coin de l’œil leur oncle et le hobbit. Allaient-il recommencer ce soir ? Mais étrangement, leur oncle les couvaient du regard et n’apportait aucun intérêt à Bilbo qui semblait lui-même perdu dans ses pensées. Voyant que chacun restait de son côté, ils finirent par aller se coucher, la nuit serait courte et le chemin demain serait long. Fili s’allongea, enroulé dans sa couverture. Il n’arrivait pas à dormir, il avait encore un peu peur, il avait cru y rester, il avait froid, il était énervé et surtout ses oreilles ne voulaient pas s’empêcher d’écouter pour voir si un rapprochement suspect s’effectuerait dans les ténèbres. Les autres ronflaient doucement maintenant, Bofur faisait son tour de garde, quand il sentit une main lui secouer doucement l’épaule. De cette direction, c’était Kili. Il se retourna pour voir les grands yeux noirs de son frère ouverts comme un chiot trempé et battu. Avec un sourire désabusé, il souleva sa couverture et accueillit son cadet dans ses bras.

« Tu as passé l’âge de venir te blottir dans mon lit, Kili… »

« Je peux… y’a pas de lit là… »

La logique de son frère le fit doucement rire. Leurs malheurs au moins ne lui avaient pas fait perdre son esprit vif. Il ajouta la couverture de Kili à la sienne, autant profité des deux protections pour se réchauffer. Il savait qu’en plus de Bofur, Thorin ne dormait pas non plus. Il pouvait sentir son regard brûlant dans son dos, il avait vu Kili le rejoindre.

*pense à ce que tu perds* pensa-t-il, fier.

Le souffle endormi de Kili dans ses bras, l’idée de Thorin les regardant, la fatigue, finirent par l’emporter au pays des songes.

Le réveil fut plus que violent : la chute, les gobelins, les cris, Thorin frôlant la mort…

Kili et Fili en oublièrent le semi-homme, sa présence, ses rapports avec leur oncle. Tout ce qu’ils pensaient, c’était combattre, protéger leur roi, protéger leur peau, puis courir, courir et encore courir.

Tout se passa très vite, ils s’en sortirent vivants. Comment ? Ils n’arrivaient pas encore à le savoir, mais ils s’en étaient sortis et c’était le principal.

Puis la question se posa… « Où est Bilbo ? »

Il aurait fui, pas mort, juste parti. Fili se retint de sourire et il pouvait voir que Kili faisait de même. Mais comme par magie, comme une épine dans le pied des deux frères, le semi-homme avait fait son apparition. Malgré les mots durs de Thorin, il s’accrochait comme une tique…

Malgré tout, les frères réussirent à cacher leur jalousie. Combien de temps allaient-ils tenir ? Ils l’ignoraient, mais les hurlements des Warg vinrent troubler leurs ressentiments profonds et il fut bientôt temps de recommencer à courir.

Ils avaient encore frôlés la mort, les frères avaient vu Thorin faire face à l’orque blanc et ils ne pouvaient rien faire. Coincés dans leur arbre, ils ne pouvaient pas lui porter secours. Bilbo le fit à leur place, il se dressa entre l’orque et sa proie, n’ayant que son courage pour pallier à son bras trop court. Puis les aigles les avaient emmenés loin… à l’abri…

Mais si les cavalier-Warg ne les avait pas tués, leur oncle leur enfonça un poignard en plein cœur. Le début avait si bien commencé : il l’avait rejeté mais c’était une feinte. Après une telle joie de voir le nain avoir un discours agressif envers Bilbo, Thorin avait serré leur rival dans ses bras.

Les autres idiots n’y voyaient qu’une étreinte de compagnon, celle d’un homme remerciant un autre de l’avoir sauvé. Mais eux connaissaient leur oncle d’avantage, ils savaient que cette étreinte cachait bien plus, une passion et une tendresse enfouie, la même qu’il avait envers eux avant… avant Bilbo.

La nuit venue, ils campèrent pour se remettre de toutes leurs péripéties et se sustenter enfin. Les rires étaient revenus auprès de la compagnie. Tous mangeaient, Gandalf fumait sa pipe, écoutant certains nains raconter des récits de leur race. L’ambiance était plus légère, Thorin se permettait même de sourire, assis sur un rocher, Bilbo à ses pieds mangeant son ragoût. Fili cracha presque de dédain.

« Bon chien » marmonna-t-il pour lui-même avant de porter ses yeux sur Kili qui jouait plus à couler les rares aliments de son bouillon qu’à les manger.

« Cesse de ruminer, Kili… Les choses ne seront pas mieux si tu ne manges pas… »

« Je le déteste… »

« Moi aussi, Kili, moi aussi… Mais ça n’arrangera rien de le faire remarquer à tous. »

« J’aurai aimé qu’il meurt dans les montagnes ! » Dit-il en lâchant son auge qui alla se répandre partout sur le sol.

« Kili ! »

Les autres se tournèrent vers eux suite à cet éclat de voix. Une rougeur empourpra le plus jeune de son cou au bout de ses oreilles et il fuit à l’écart, se cacher derrière un rocher. Fili expliqua aux autres un mensonge à propos de la nourriture qu’il avait faite tomber. Kili passa pour enfantin mais le mensonge eu l’effet escompté, l’attention se détourna d’eux. Fili en profita pour rejoindre son idiot de cadet.

Il le retrouva à bouder, recroquevillé derrière un rocher.

« Kili… »

« Vas-t-en, je ne veux pas te voir. »

« Cesse de faire l’enfant, Kili, tu n’en es plus un. »

« Tu n’avais pas le droit de me crier dessus. »

« Je me suis laissé emporter, frère, mais tu le méritais aussi. Autant que nous pouvons détester Bilbo, il a quand même sauvé la vie de notre oncle. Nous n’avons pas le droit de souhaiter sa mort. »

La rougeur reprit Kili qui regarda le sol, penaud. Il savait que ses paroles étaient trop dures et il en avait honte maintenant.

« Pardon, Fili, mais ça fait si mal… »

« Je sais, c’est pour cela que j’ai trouvé la solution. »

A la lueur dans les yeux du plus jeune, il sut qu’il avait captivé son auditoire. Il vint s’asseoir en face de lui pour planter son regard dans le siens et reprit sur un ton conspirateur.

« Et si Bilbo partait de lui-même ? Ou alors si oncle Thorin se rendait compte que son amant est un incapable ? »

« Et comment veux-tu arriver à un tel résultat ? »

« Bilbo est naturellement pas doué… Mais je suis sûr qu’avec un peu d’aide de notre part… L’aventure pourrait tourner au cauchemar pour lui… Tu me suis ? »

Kili écarquilla les yeux au fur et à mesure qu’il comprenait où voulait en venir son frère. Un large sourire éclaira son visage et il sauta au cou de Fili, l’embrassant avec passion. Le blond lui rendit son baiser, le serrant contre lui. A bout de souffle, ils se séparèrent. Le brun se leva, tendant la main au plus vieux.

« Commençons l’opération : débarrassons nous de l’asticot. »

Amusé par l’intitulé de la mission de Kili, Fili se saisit de sa main et ils retournèrent au campement. Leurs sourires n’engageaient rien de bon, mais il était tellement coutumier qu’il rassura tous les autres. Quelques rires s’envolèrent du campement au détriment du brun, mais ce dernier avait le cœur tellement en liesse qu’il se joint aux autres pour rire de sa bêtise, suite à l’excuse du blond.

A l’aube, la marche reprit. Les deux frères conspiraient dans leur coin, la côte était plutôt raide. Personne ne les regardait, sauf Gandalf qui se trouvait derrière eux. Kili fut donc envoyé pour détourner son attention. Il lui demanda pourquoi les aigles ne pouvaient pas les emmener directement à Erebor. Pendant ce temps, Fili plaçait innocemment son pied sur la route de Bilbo. Ce dernier, occupé à regarder le magnifique paysage au loin, trébucha. Pour ne pas tomber en avant, il se mit à courir. Plus il avançait, plus il prenait de la vitesse. Son cri résonnait dans l’immensité de la montagne et ses grands pieds poilus ne pouvaient pas l’aider plus longtemps. Les deux frères riaient sous leur cape de leur sale coup.

Le Hobbit allait faire un roulé boulé quand Thorin, qui ouvrait la marche, se plaça dans sa trajectoire et ils tombèrent tous les deux. Atterrissant plus bas, tous les nains et le mage les rejoignirent à toute hâte, inquiets que la chute ne fût plus grave que prévu.

Les yeux dans les yeux, Bilbo était couché sur Thorin, ils étaient un peu écorchés mais aucune blessure grave ne semblait à déplorer. Ils paraissaient sur le point de s’embrasser mais s’avisèrent de le faire quand ils remarquèrent que les autres les avaient rejoints. Avec une toux embarrassée et les joues rouges, Bilbo expliqua que Thorin avait amorti sa chute, donc qu’il n’avait rien, et Thorin était bien protégé par les couches de vêtements recouvrant son corps. Ils avaient évités les rochers sortants de-ci de-là de la colline et n’avaient fait que rouler, donc cette histoire entraîna plus de peur que de mal.

Kili, de désappointement, donna un coup de pied dans une pierre et étouffa un juron.

Le reste de la journée se passa dans le même registre : Bilbo trébuchait souvent, le soir venu, il se retrouva avec des insectes dans le cou, un serpent traîna du côté de sa couche. Le lendemain soir, du poil à gratter avait été glissé dans ses vêtements, son eau avait un goût de marécage, sa couverture avait disparue… Les plus jeunes ne manquaient pas d’idée pour pourrir la vie de leur « ennemi » mais bien que leur marche soit grandement ralentie par les péripéties du Hobbit, personne ne le houspilla et Thorin resta neutre et indulgent. Réconfortant le Hobbit à chaque fois qu’il avait envie de partir, il avait partagé son eau fraiche, l’avait emmené se laver pendant que les autres faisaient une pause lorsqu’il avait malencontreusement plongé tête la première dans une flaque de boue, il l’avait pris avec lui sous ses couvertures. Si bien que trois jours s’étaient déroulés depuis le début de leur plan, mais rien n’y faisait, leur oncle était chaque jour d’avantage plus proche du hobbit et eux commençaient à manquer d’idée.

Ce jour-là, la route se passa sans ombrage, les deux frères réfléchissant à leur prochain méfait. Ce fut Kili qui le trouva, un petit coup mesquin mais c’était toujours mieux que rien. Devant s’occuper du feu, le bâton de marche de Bilbo tomba malencontreusement dans les flammes.

Il s’excusa longuement pour une telle malchance… Il l’avait pris pour du petit bois. Fili souriait, fier de la sournoiserie de son cadet. L’idiot de semi-homme lui avait souri et avait accepté ses excuses, comprenant l’erreur. Il ferait sans, tant pis.

Placés derrières, ils le regardèrent peiner à marcher en ricanant dans leur barbe. Tellement pris dans leur vengeance mesquine, ils ne remarquèrent même pas que des yeux sombres les observaient depuis quelques temps. Les arbres étaient de retour, la verdure les encerclait de temps en temps et ils firent une pause le temps que Bilbo retrouve un bâton assez grand pour marcher. Kili avait trouvé un arbre à baies, les mains pleines il rejoint le groupe pour les montrer à Fili avec un œil gourmand.

Mais avant qu’ils n’en avalent une seule, Balin les mis en garde.

« Je ne ferais pas ça si j’étais vous… une seule de ces baies et on devra s’arrêter à chaque buisson. »

Kili referma la bouche et lâcha la baie qui s’y dirigeait. Il allait jeter les autres quand Fili l’en empêcha. Son œil brillait d’une lueur malsaine. Ils attendirent que le Hobbit revienne et l’air de rien, quand la marche repris, ils se mirent chacun à côté de Bilbo. Kili prit alors la parole en tendant la main pleine de fruits.

« Pour me faire pardonner pour ton bâton, j’ai cueillit des baies… Tu aimes ça, non ? »

« Oui, j’aime les fruits, merci beaucoup. »

Il prit le présent avec plaisir et picora le long du chemin. Lorsque son ventre commença à gronder et qu’il courut derrière un bosquet, il n’entendit pas les deux frères pouffer de rire.

Se tenant le ventre, le semi-homme revint, assurant la compagnie inquiète qu’il pouvait continuer. La marche reprit pour s’arrêter seulement dix minutes plus tard lorsque Bilbo repartit derrière un bosquet. Kili et Fili se retenaient d’éclater de rire.

Ce spectacle navrant continua ainsi une bonne partie de l’après-midi. Plus le temps avançait, plus Bilbo était pâle et fiévreux. Gandalf, inquiet, finit par faire arrêter la troupe afin d’allonger le Hobbit. Le mage et Oin, se mirent en quête de trouver des plantes médicinales afin de préparer un soin pour guérir l’étrange mal. Pendant que les deux guérisseurs s’occupaient du malade, les autres nains installaient un campement, ils n’iraient pas plus loin pour aujourd’hui.

Ils ne se préoccupaient pas des jeunes nains qui s’étaient un peu éloignés, le regard coupable baissé vers leurs pieds. Fili se rongeait les ongles, Kili se mordait la lèvre.

« On aurait pas dû lui en donner autant, Balin a dit qu’une seule suffisait pour être malade… »

« Oui, on a été trop loin… »

Ils ne virent pas l’ombre qui s’était glissée dans leur dos, mais ils entendirent le grondement menaçant venant du fond d’une gorge se situant derrière eux. Avec un sursaut, ils se retournèrent pour faire face à leur oncle. Ce dernier, les bras croisés sur sa poitrine, les regardait, l’œil sombre, les sourcils froncés.

Ils déglutirent en chœur.

« Que lui avez-vous donné ? »

« Ri… Rien, mon oncle… » Marmonna Kili, essayant encore de s’échapper par la parole bien que tout son être criait sa culpabilité.

« Ne me mens pas ! Que lui avez-vous donné ? »

Sa voix pleine de rage fit reculer le menteur qui baissa les yeux, ne pouvant soutenir son regard. Fili, plus courageux, se plaça devant son frère, fixant leur ainé.

« Juste des baies, mon oncle… C’était une blague, on ne pensait pas que ça irait jusque-là… »

Un autre grondement se fit entendre de la gorge du plus imposant.

« Des blagues ? Comme vous en faites depuis 3 jours ? »

Ils restèrent silencieux face à cette remarque, ils étaient plus mal qu’ils ne l’imaginaient. Thorin les avait débusqué depuis le début, ils allaient donc payer pour tous les coups et non pas que pour celui-là. Plus calme, Thorin reprit la parole.

« Quelles baies lui avez-vous donné ? »

« Je ne sais pas le nom, elles étaient petites et violettes, un peu comme des myrtilles… »

« Balin doit savoir, lui, il nous a vu avec. »

Thorin soupira face à la stupidité de ses neveux, mais il s’en voulait aussi de sa propre stupidité, il aurait dû agir avant que ça ne dégénère à ce point.

« Votre punition viendra… pour l’instant, je vais voir pour Bilbo. »

Sur ces paroles, il passa à côté d’eux pour aller apporter ses informations nouvelles à ceux qui pourraient être intéressés. Fili et Kili s’approchèrent des autres mais restèrent néanmoins un peu en retrait. Ils s’assirent là, la gorge serrée, ils espéraient que Bilbo ne mourrait pas par leur faute. De plus, l’angoisse de la punition promise par leur oncle nouait leur estomac. Ils se souvenaient des punitions qu’ils avaient reçues étant enfants, les nains de la lignée de Durin comme leur mère et leur oncle savaient y faire en la matière.

La concoction faite, ils patientèrent, leurs cœurs battant la chamade.

Ce ne fut que lorsque la lune fut bien haute dans le ciel, que la fièvre tomba et que l’état du Hobbit sembla s’améliorer. Tous furent soulagés et la bonne humeur revint sur le campement. Certains s’endormirent, les autres discutaient tranquillement au coin du feu. Seuls trois membres restaient sombre, un de colère, deux de peur.

Lorsque que chacun fut endormit, Thorin se leva. Sans un mot, il fit signe à ses neveux de le suivre vers un petit bois, loin des oreilles et des yeux des autres.

A l’abri d’un grand chêne, à quelques mètres du campement, le chef s’arrêta enfin pour faire face à ces deux nains inconscients.

Kili et Fili étaient l’un à côté de l’autre, la tête baissée, comme lorsqu’ils étaient petits et qu’il les avait surpris en train de faire une bêtise. Mais Thorin ne se laisserait pas attendrir, ça ne finirait pas comme la dernière fois où, dans un moment de faiblesse, il avait fini par déflorer ses deux neveux le même soir.

« Je peux savoir ce qui vous a pris ? Que vous a fait Bilbo pour que vous vous acharniez sur lui ? »

« … »

Une veine commençait à battre dangereusement sur son front.

« Répondez ! »

Les deux se mirent à marmonner dans leur barbe… ou presque barbe dans le cas de Kili. Thorin sentait sa patience venir à bout. Il saisit chacun de ses neveux par un bras et les serra douloureusement.

« J’ai dit répondez, c’est un ordre ! »

Quatre yeux se levèrent vers lui.

« Tu l’aimes plus que nous… »

La tête de Thorin à ce moment précis valu mille… La surprise était telle qu’il les lâcha pour les regarder, interdit.

« Quoi ? »

« Tu l’aime plus que nous ! » reprit Kili avec plus de courage.

« Comment en êtes-vous arrivé à cette conclusion stupide ? »

« Je t’ai vu dans la grotte la dernière fois… Et puis après, tu l’as pris dans tes bras et ne nous prend pas pour des idiots, c’était tout sauf amical ! Tu ne l’as jamais refait avec nous alors que tu le fais avec le premier hobbit venu et tu nous ignores ! »

Fili vidait ce qu’il avait sur le cœur alors que son oncle, lui, semblait de plus en plus décontenancé. Ils lui faisaient une crise de jalousie… Ces deux jeunes et stupides nains lui faisaient une crise de… jalousie. Silencieux devant tant de bêtises, il ne voyait pas la rage remplir les yeux de Kili.

« Tu t’inquiètes plus pour lui que pour nous ! On pourrait mourir, tu t’en ficherais ! »

Par contre, ces paroles furent celles de trop. Une gifle puissante vint percuter sa joue si fort qu’une traînée de sang quitta sa lèvre. Puis il saisit le plus jeune par les épaules et le secoua tout en hurlant, rouge de rage.

« JE T’INTERDIS DE DIRE CA ! JE VOUS INTERDIS DE MOURIR, TU M’ENTENDS ? »

« Lâche-le, mon oncle ! Tu lui fais mal et peur ! »

Fili tirait sur le bras de Thorin quand ce dernier constata qu’effectivement, Kili tremblait sous sa poigne et pleurait sans retenue. Il le relâcha et se recula. Fili prit son jeune frère dans ses bras pour essayer de le calmer. Le plus âgé des nains s’en voulut, il passa sa main dans les cheveux du brun.

« Calme toi, Kili, je ne te ferai pas de mal… juste l’idée de te perdre… de vous perdre tous les deux… » fit-il en passant son autre main dans les cheveux du blond. « Rien que l’idée de vous perdre me rend fou… je tiens trop à vous pour ne serait-ce que l’imaginer… »

Les deux plus jeunes vinrent se blottir contre lui, profitant de la chaleur et de l’amour de leur oncle. Il se demandait comment il avait fait pour louper ça… l’insécurité de ses deux jeunes… Il avait été obnubilé par la montagne, laissant le plus important derrière : sa famille.

« J’aime beaucoup Bilbo mais je vous aime aussi, ne l’oubliez surtout pas. Vous êtes mes précieux neveux. Vous êtes mon sang et ma chair. »

Sur ces paroles, qu’il voulait réconfortantes, il fut surpris quand il fut repoussé et qu’il dû faire face à deux visages en colère.

« Nous, on ne t’aime pas comme un oncle ! »

Avant qu’il n’ait le temps de répondre, les lèvres de Fili étaient sur les siennes dans un baiser exigeant et passionné. Quand les lèvres de l’ainé le quittèrent, elles furent remplacées par celle du cadet pour un autre baiser, plus doux et désespéré.

Bien qu’il se fût juré qu’il ne recommencerait pas, Thorin se sentait faible. Sa volonté le quittait pour se diriger au sud de son corps et son cerveau migra aussi. Il prit le contrôle du baiser, il se fit affamé et agressif, mordant les lèvres et dominant la langue de son cadet.

Lorsque Kili fut à bout de souffle, il le laissa reprendre de l’air puis il le poussa doucement pour le faire reculer.

« Déshabille-toi. »

Kili regarda Fili, incertain, mais Thorin capta son regard.

« C’est moi, ton roi. C’est à moi que tu obéis. Déshabille-toi, maintenant ! »

Le brun obéit prestement alors que son oncle embrassait Fili à son tour. Les mains tremblantes, il assistait au spectacle, incroyablement excité. Il n’avait qu’une envie : déchirer ses vêtements, mais il savait que ça n’aiderait pas, alors il défit chaque couche patiemment. Lorsque le tissu fut posé dans un coin, il se posa devant son oncle. Ce dernier lâcha Fili et lui donna le même ordre. Pendant que le blond se déshabillait, le plus vieux avait calé Kili dos contre son torse pour qu’ils soient faces au nain se mettant à nu. Il n’avait pas oublié non plus qu’ils avaient fait des bêtises et maintenant sonnait l’heure de la punition.

Les mains larges du roi glissèrent sur le corps du plus jeune, drôlement doux pour un nain. Se posant sur ses grains de chaires, il les tordit, amusé par le couinement qui sortait de la bouche de sa proie. Les yeux de Fili étaient braqués sur eux. Mal coordonné entre ce qu’il devait faire et ce que lui dictait son cerveau, il avait du mal à se débarrasser des couches de tissus. Il ne savait pas ce qui l’excitait le plus : s’imaginer à la place de Kili ou s’imaginer à la place de Thorin… A sa honte, s’imaginer avec son frère se tortillant dans ses bras l’excita d’avantage.

Une main de Thorin s’était glissée entre les jambes du brun pour le caresser lentement et Fili ne sut pas qui avait gémit, si c’était lui ou Kili. Le plus vieux des deux frères, après avoir bataillé avec sa ceinture et son pantalon difficile à retirer dans son état d’excitation avancé, il avait enfin réussi à se débarrasser de tous ses vêtements. Il voulut s’approcher, se coller à son frère, l’embrasser mais alors qu’il s’approchait, il se fit rappeler à l’ordre.

« Ne bouge pas, Fili. Ça fait partie de votre punition, je t’interdis de te toucher, tu regardes… seulement… »

Un mouvement sec fit se cambrer et couiner Kili. Fili comprit enfin le sens de la torture, il voulait se toucher, il voulait toucher son frère, il voulait l’embrasser, le prendre… La réalisation de son envie pour son frère plus que pour son oncle le terrifia.

« S’il te plaît, mon oncle… »

Un regard pour Fili, il souleva un sourcil. Son neveu était rouge et haletant, son membre dressé et dégoulinant, il transpirait l’envie et la luxure.

« Lai… laisse-moi l’avoir… »

Surpris par la requête, il retira ses mains du plus jeune le faisant couiner de manque. Il se recula, faisant signe à Fili de venir le remplacer. Le blond prit son petit frère dans ses bras et l’embrassa avec toute la tendresse qu’il ressentait pour lui, leur corps se frottaient l’un contre l’autre.

Allumé par cette scène intime, Thorin retira ses propres vêtements puis s’installa confortablement au pied du chêne, comme sur un trône.

« Kili, viens ici. »

Le brun frissonna sous l’ordre et, des plus naturellement, il abandonna son frère au profit de son oncle. Le plus vieux tendit la main. Saisissant celle de son cadet, il le tira sur lui.

« Suce. »

Avec un moment d’hésitation, il s’agenouilla devant son oncle. À quatre pattes dans l’herbe humide et les feuilles, il se pencha pour prendre le membre imposant du nain en bouche. Retenant son souffle, Thorin se retint de s’enfoncer dans cet antre chaud. Il avait oublié à quel point Kili était doué. Il y avait cette envie de faire de son mieux qui le poussait à être entreprenant, mêlée à un touché innocent qui le faisait hésiter, les deux liés le rendait fou.

« Fili, prends-le. »

La scène qui se déroulait devant ses yeux l’hypnotisait, Thorin en roi, son frère en sujet docile, le vénérant… Et lui, lui qui était désigné comme futur roi, son frère devrait le vénérer tout autant. Tellement perdu dans son fantasme que son oncle du le rappeler à l’ordre une seconde fois.

« Fili ! »

Semblant se réveiller d’un rêve, le blond s’approcha du postérieur tendu de son frère et le caressa avec tendresse. Ils s’étaient touchés avec Kili, ils s’étaient caressés, embrassés, mais ils n’avaient jamais passé cette barrière. Ils ne s’étaient jamais donnés pleinement l’un à l’autre.

Les mains tremblantes, il humidifia ses doigts, réflexe d’un lointain souvenir où Thorin l’avait fait sien. Tout en les suçant, il fixait son oncle pour l’allumer d’avantage. Devant la scène obscène, Thorin ne put retenir un mouvement de hanche vers le haut, la tête rejetée en arrière avec un grognement rauque. Le mouvement brusque eut pour effet de faire tousser Kili.

Lorsque ses doigts furent assez humides, Fili le glissa lentement à l’intérieur de son petit frère. La chaleur à l’intérieur, la façon dont il serrait son index, une vague de plaisir le submergea, il crut devenir fou. Il le voulait, il voulait être en lui, maintenant…

« Un deuxième doigt, Fili. Sinon tu vas lui faire mal. »

Le blond se demandait si leur oncle pouvait lire les pensées pour savoir avec une telle précision ses envies. Se retenant, il obéit néanmoins, ajoutant un second doigt. Il rencontra un peu plus de résistance. Forçant le passage, il enfonça ses doigts plus profondément et commença à les faire bouger. Lorsque Kili lâcha leur oncle pour gémir tout en bougeant ses hanches de son plein gré pour en avoir plus, il sut alors qu’il était prêt.

Retirant ses doigts, il plaça son membre à l’entrée du brun mais ne le prit pas tout de suite. Il l’embrassa sur la nuque, joua avec ses cheveux pour lui murmurer à l’oreille.

« Tu le veux, Kili ? »

« Oui Fili, s’il te plaît… s’il te plaît ! »

Il ne lui en fallut pas plus et d’un coup rapide et sec, il entra en lui avec un grognement animal. C’était serré et chaud, vivant… C’était Kili, autour de lui, avec lui pour toujours.

Thorin qui les avait laissé faire leur show, prit son neveu par les cheveux pour l’inciter à reprendre son travail de langue. L’excitation les embrasait tous les trois, Kili était submergé, prit entre deux feux. Les mouvements erratiques de Fili poussaient sa bouche à s’empaler d’avantage sur le membre de leur oncle, il couinait comme une souris à chaque mouvement de reins. Thorin et Fili grognaient en cœur, le plaisir grimpant en eux comme un volcan, la lave montant encore, encore, encore…

Les mains du blond s’enfoncèrent dans les hanches de son frère alors que son plaisir arrivait à son apogée. Malgré la jouissance, il ne voulait pas se retirer du brun, il ne voulait pas le quitter avant Thorin. Un sentiment de possession l’avait remplis comme jamais auparavant. Il pouvait voir les traits de son oncle se tordre dans le plaisir alors que les joues de son frère se creusaient. Dans un cri d’extase, le grand Thorin Écu-de-chêne était venu entre les lèvres tentatrices de son plus jeune neveu. Ce dernier, épuisé, s’écroula, entraînant Fili avec lui.

Tous les trois enlacés, le blond serrait le brun contre lui à la taille pendant que le plus vieux caressait leurs cheveux avec tendresse. Epuisé par toutes ces émotions et la séance de sport intensif qu’il avait vécue, Kili ne tarda pas à s’endormir, enveloppé par tant de chaleur. Fili, quant à lui, resta éveillé, ressentant une pointe de jalousie à la tendresse dans les yeux de son oncle.

Avec un sourire narquois, il resserra son étreinte possessive et fit d’une voix pleine d’orgueil :

« Désolé mon oncle pour ce que nous avons fait à Bilbo, nous allons le laisser tranquille à l’avenir, quoi que tu fasses avec lui… »

« Que me vaut un tel revirement ? »

« Finalement, tu n’es pas si indispensable… »

Thorin hésita un instant entre étrangler son descendant ou rire à gorge déployée. Devant l’amour dans les yeux de son cadet, il opta pour une troisième option. En douceur il se leva pour ne pas réveiller le plus jeune, puis en silence, il alla récupérer ses affaires. Il se rhabilla, toujours sous le regard de Fili, son manteau à la main, il s’approcha de l’éveillé. Se penchant en avant, il plaça un chaste baisé sur ses lèvres avant de poser son manteau sur leur deux corps.

« Je viendrais vous chercher demain matin à l’aube, je donnerai une excuse aux autres… Veilles sur lui, Fili, et veilles sur toi. Je mourrais de vous perdre. »

« On t’aime aussi, notre oncle » murmura le blond à moitié endormi.

Et dans la nuit, le roi rejoint les autres sans un bruit.

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