Jounetsu [Hobbit] - Fanfics
Hobbit - fanfic yaoi - chapitre 1
- On passera la nuit ici, dit Thorin en secouant la neige sur ses cheveux et ses épaules.
Dwalin alla jeter un œil au fond de la caverne et acquiesça d’un signe de tête, confirmant que l’endroit semblait désert.
- La neige, le froid, la tempête, je me demande comment je ne suis pas encore devenu un gros glaçon, marmonna Ori pour lui-même.
- Peut-on faire un feu cette fois-ci ? demanda Dori en frissonnant.
- Oui, mais loin de l’entrée, soupira le chef de l’expédition. Aucun endroit n’est sûr dans les Monts Brumeux, évitons de nous faire remarquer.
Les nains s’empressèrent de rassembler quelques morceaux de bois mort pour se réchauffer. Thorin culpabilisait de leur infliger un tel traitement mais il savait que des milliers de gobelins avaient élu domicile dans ces montagnes et il espérait que leur passage ici passerait inaperçu. Les nains souriaient enfin un peu. Ce soir, ils auraient droit à un repas chaud et une nuit agréable loin du blizzard, du moins ils l’espéraient. Chacun s’enroula dans une couverture, cherchant un coin confortable dans cette grotte pour prendre un peu de repos bien mérité.
Fili s’installa dans un recoin, un peu plus profondément pour échapper au vent qui s’infiltrait dans la caverne. A l’abri des regards de ses camarades en train de ripailler, il se mit à fouiller son sac. Comme eux, il était gelé jusqu’aux os et cherchait désespérément un vêtement sec pour se réchauffer. Presque surpris, il tomba sur une étoffe qu’il avait oubliée. Dans le butin des trolls, certains avaient pris des épées, des coupe-papier, de l’or… Lui avait récupéré une vieille cape elfique poussiéreuse, aux mailles grises tissées d’une étrange façon. Il pensait l’utiliser comme tablier de forge, mais au diable les elfes et l’aversion que son oncle leur porte ! Si cette cape trop grande pour lui arrivait à le réchauffer, elle échapperait peut-être au sort qu’il lui réservait. Il la secoua vigoureusement et s’enroula dedans. Malgré son état délabré, la matière était agréable au toucher et il senti une douce chaleur l’envelopper lentement. Se détendant enfin, il s’assit négligemment contre la roche et soupira d’aise. Une fois de plus, il avait eu une brillante idée en emportant cette cape. Dès que ses mains seraient dégelées, il irait partager sa trouvaille avec son frère et ils passeraient enfin une bonne nuit tous les 2, l’un contre l’autre, comme quand ils étaient petits. Mais il se garderait bien d’en parler à Thorin, il en veut toujours aux elfes et s’il le voyait avec une cape elfique, il la jetterait probablement au feu.
Soudain, il fut interrompu dans ses pensées par des bruits de pas. Il connaissait parfaitement bien cette démarche et le bruit de ces bottes : son oncle approchait ! Comme pris de panique, Fili se coucha contre la roche et jeta un coin de la cape par-dessus sa tête. Il soupira de sa propre bêtise, comme s’il allait devenir invisible sous prétexte qu’il était sous une cape elfique… Quelle idée stupide ! Pourtant Thorin passa à côté de lui et l’ignora totalement. L’héritier de Durin semblait toujours aussi soucieux, il jeta une couverture au sol un peu plus loin, derrière de gros rochers, et s’y assis, adossé à la muraille dans la pénombre. Sans doute cherchait-il un peu de calme et de solitude, mais il ne soupçonnait pas que son neveu l’épiait de sous sa cape qui lui donnait l’apparence d’une pierre. Des pas plus légers approchèrent, se détachant du brouhaha que faisaient les nains autour de leur repas.
- Oh, pardon ! dit Bilbo d’une petite voix fatiguée. Vous… Vous voulez sans doute… que je vous laisse seul…
- Non non, ça n’a aucune importance, répondit Thorin en le rassurant d’un geste de la main.
Loin de chez lui, de son confort rassurant, le hobbit cherchait également un peu de calme. Il posa son sac à dos à quelques pas du Seigneur nain et en tira sa couverture. Il s’assit et s’embobina dedans pour se réchauffer, sans grand succès. Il frissonnait, se frictionnait les bras et les jambes, resserrer le tissu sur ses épaules, mais rien n’y faisait. Thorin observa sans bouger le manège de son cambrioleur pendant quelques minutes. Puis d’un mouvement discret, le nain saisit un angle de la couverture et la tira d’un coup sec, faisant virevolter le semi-homme sur ses genoux.
- Hey ! Mais qu’est-ce que vous faites ?!
Pour toute réponse, Thorin lui enleva sa veste couverte de neige fondue et l’enveloppa dans son propre manteau avant qu’il n’ait eu le temps de protester. D’une main autoritaire, il posa la tête de Bilbo sur la fourrure contre son épaule. Toujours embusqué sous sa cape elfique, Fili repensa aux nuit d’hiver de quand il était petit. Son oncle avait l’habitude de faire ça avec son frère et lui pour les aider à s’endormir. Mais le voir avoir de tels gestes avec le hobbit lui semblait un peu étrange.
- Euh… M-merci… murmura Bilbo en rougissant.
Quelques instants de calme suivirent. On n’entendait seulement crépiter le petit feu autour duquel étaient rassemblés une dizaine de nains qui profitaient joyeusement de leur repas chaud sans se soucier le moins du monde de la tempête de neige, des gobelins, ou de ce qui se passait un peu plus loin. Bilbo fut le premier à reprendre la parole à voix basse.
- Pourquoi est-ce que vous me gardez dans votre expédition ?
- Parce que vous êtes notre cambrioleur…
- Mais vous savez bien que je n’ai jamais rien volé de ma vie !
- Oh si, il y a une chose… et Gandalf le savait…
- Ah bon ? Et quoi d-
Thorin le coupa avant même qu’il ait le temps de terminer sa question, saisissant son menton d’une main et scellant leurs lèvres. Le hobbit tenta de protester, mais le Seigneur nain était fort et le maintenait fermement contre lui. Il avait des mains larges et puissantes, et faisait une tête de plus que lui… Mais avait-il seulement envie de lutter ?... Les lèvres de Thorin étaient rêches, probablement à cause de la morsure du froid, Bilbo étouffa un gémissement quand il les sentit s’écarter, laissant passer une langue chaude et humide demandant l’entrée de sa bouche. Fermant les yeux, il lui accorda le droit d’entrer, le laissant approfondir ce baiser en rougissant, osant à peine y participer. Fili, toujours caché, n’en croyait pas ses yeux. La mâchoire lui en tombait quand il vit son Roi déboutonner un peu à la hâte le veston et la chemise du semi-homme avant de les faire glisser de ses épaules.
A bout de souffle, le baiser fut rompu. Thorin n’osait presque pas toucher la peau si douce sous ses mains rugueuses et usées. Ce cambrioleur qui n’avait jamais rien volé s’était emparé de son cœur et lui avait pris toutes ses pensées, jusqu’à ses rêves les plus secrets. Désormais, il le voulait presque autant par désir que par vengeance. Humidifiant ses lèvres pour les adoucir un peu, il commença à dévorer de baisers le cou et les épaule de Bilbo. La respiration de ce dernier s’accélérait peu à peu, il laissait de temps en temps échapper un soupir indécent qui ne laissait pas son vis-à-vis indifférent.
N’y tenant plus, le Seigneur nain défit les derniers boutons du pantalon du hobbit. Il s’empara à nouveau de ses lèvres alors que d’une main, il glissait sur son ventre jusqu’à cette virilité déjà réactive. Il sentait le cambrioleur réagir à ses caresses, crisper ses mains sur ses épaules, se cambrer, et faire presque involontairement glisser son pantalon sur ses hanches. Thorin rompit à nouveau le baiser et cessa tout mouvement, plongeant son regard brûlant dans les yeux mi-clos et embrumés de Bilbo. Ce dernier, les joues rouges, frustré par cet arrêt brutal, comme hypnotisé par son propre désir, s’attaqua maladroitement à l’imposante ceinture de l’héritier de Durin. Non sans mal, il finit par la faire céder, écartant d’un geste vif le gilet et l’armure enfin libérés. D’une main timide, il caressa à travers le dernier rempart de tissu le torse et le ventre musclés de Thorin. Ses mains finirent par oser passer sous le tissu, caressant la peau, frôlant parfois une cicatrice. Presque sans s’en rendre compte, sans trop réfléchir, il déboutonna le pantalon et s’empara de l’objet de sa convoitise, brûlant de désir. Thorin se mordit la lèvre pour ne rien laisser paraitre mais tout son être se consumait de l’intérieur.
Se hissant autant qu’il pouvait sur ses genoux, Bilbo glissa une main dans les cheveux noirs, réclamant de lui-même ces lèvres pourtant rêches qu’il voulait faire siennes. A cheval au-dessus des cuisses du Seigneur nain, Bilbo se cabra quand il senti une main se glisser en bas de son dos, le préparant à la suite. Et la suite, justement, ne tarda pas à arriver. Le guidant d’une main chaude mais toujours aussi ferme et autoritaire, Thorin positionna le semi-homme contre lui et, d’un mouvement de hanche un peu brutal, s’introduisit en lui. Par réflexe, Bilbo bascula la tête en arrière mais le cri de douleur n’eut pas le temps de franchir ses lèvres, bâillonné d’une main puissante et rapide.
- Silence, commanda-t-il, à moins que tu veuilles que les autres en profitent aussi…
Il attendit que son amant reprenne son calme avant de le relâcher. Au bout de quelques instants, la respiration de Bilbo était redevenue régulière et la douleur s’était estompée. Passant ses bras autour du coup de Thorin, n’osant pas le regarder dans les yeux, rougissant de ce qu’ils étaient en train de faire, il commença de lui-même un léger mouvement de va-et-vient. Son corps s’était enfin habitué à cette présence en lui, la douleur avait disparu, laissant place à un plaisir grandissant. Chacun s’efforçait de ne pas gémir trop fort afin de ne pas attirer l’attention du reste de la compagnie. Fili s’était bâillonné lui-même, ne pouvant décoller ses yeux de la scène. Et même s’il avait voulu s’en aller, il ne pouvait pas bouger maintenant et sortir de sa cachette sans s’attirer les foudres de son oncle et Roi.
D’une main, Thorin caressait la virilité de Bilbo ; alors que ce dernier se mordait la lèvre inférieure jusqu’au sang pour rester le plus discret possible. Presque simultanément, les deux amants se libérèrent. Essoufflé, le hobbit enfouis son visage dans la fourrure sur l’épaule de Thorin. L’héritier de Durin, quant à lui, levait les yeux au ciel de s’être laissé aller ainsi, mais aucun regret ne l’envahissait, bien au contraire. Il couvrit à nouveau Bilbo de son manteau et le blottit contre lui affectueusement.
Fili attendit de longues minutes, que ces deux-là se soient assoupis, avant de sortir de sa planque discrètement. Autant qu’il lui était possible, il fit mine de n’avoir rien vu ou entendu et alla récupérer quelque chose à manger. L’air de rien, il s’installa à côté de son frère et s’incrusta dans la conversation. Bombur commençait à remplir et distribuer quelques gamelles fumantes quand il se rendit compte que deux d’entre elles restaient.
- Maître Thorin, Monsieur Saquet, venez manger temps que c’est chaud ! lança-t-il.
Quelques instants plus tard, Thorin sortait de la pénombre et rejoignait sa compagnie. Droit et fier comme un chêne, il remettait en place son armure et réajustait négligemment sa ceinture en marchant. Kili l’observa un instant et, voyant l’air satisfait et un léger sourire sur le visage de Thorin, il voulut le charrier sur sa démarche digne d’un Seigneur nain ayant satisfait sa Dame.
- Et bien mon oncle, pouffa le jeune Kili, on dirait que vous venez tout juste de vous env-
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que son frère lui avait donné un coup de coude entre les côtes en lui jetant un regard noir.
- …de vous réveiller… se reprit-il.
- Je me suis assoupi un instant, répondit Thorin sans vraiment remarquer le manège de ses neveux.