Jounetsu [Hobbit] - Fanfics

Last update : 2013-03-27

Hobbit - fanfic yaoi - chapitre 1

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Le 22ième jour de septembre de l’année 1400, selon le calendrier de la Comté. Cul-de-Sac, Chemin des Trous du Talus, Hobbitbourg, Quartier Ouest, la Comté, Terre du Milieu.

Aujourd’hui, c’est le jour de mon 111ième anniversaire. C’est aussi le jour que j’ai choisi pour quitter Cul-de-Sac et la Comté. La dernière fois que j’ai fait ça, c’était… il y a 60 ans… Un paquetage fait à la hâte, un peu comme aujourd’hui. Mais aujourd’hui, je ne pars pas comme un dératé vers l’inconnu, courant dans les hautes herbes, coupant à travers champs, sautant les barrières, évitant les poules et les chèvres au petit matin. Non, cette fois, je pars de nuit. Cette fois, tout est organisé, tout est fin prêt. Pas d’étrange compagnie avec laquelle voyager, pas de contrat, pas de poney. Aujourd’hui, je n’ai personne à rattraper… Non, personne… Mon neveu viendrait sûrement avec moi si je lui demandais. Mais au fond de lui, Frondon est très attaché à la Comté. Ses champs, ses forêts, ses jolies rivières… Je suis vieux. Je sais que je n’en ai pas l’air, mais je commence à le sentir au fond de mon cœur. Je me sens desséché, un peu comme du beurre qu’on aurait étiré sur une tartine trop grande. J’ai besoin de vacances, de très longues vacances… D’ailleurs, je ne pense pas revenir… En vérité, je ne reviendrai pas…

« Et il vécut heureux encore, encore, et encore… jusqu’à la fin de ses jours. » Mais la fin de mes jours n’était pas venue, pas encore. Il me restait un peu de temps et une chose à faire, une dernière chose. Une chose qui prenait la forme d’un grand livre de cuir rouge. Un prétexte en vérité qui me rappelait que je devais finir ce livre au cas où la tentation me prendrait d’abandonner cette quête finale. C’était le moment où jamais, ma dernière chance avant que les années ne me rattrapent définitivement. Je devais le faire temps que j’étais encore assez agile, que mes jambes me portaient, que mes pieds n’étaient pas trop maladroits et que la plume ne tremblait pas entre mes doigts. Je devais le faire pour Lui… pour eux…

J’avais pris la Route de l’Est en direction du Pont de Brandevin. Au niveau de la Pierre des Trois Quartiers, je me retournais une dernière fois. La Colline et l’Arbre des Fêtes scintillaient de l’autre côté de l’Etang de Lézeau. Quelque part, j’étais fier de moi : c’était une belle fête. Toute la Comté s’y était rendue et c’était très bien comme ça. Je ne risquais pas de croiser de gêneur sur ma route, ou du moins pas sobre. Je tournais finalement le dos à Hobbitbourg et au Quartier Ouest pour observer un instant la route qui s’étalait devant moi sous la pleine lune. Je me redressais, ajustant mon sac à dos. Je pris une grande inspiration et me forçais à sourire. J’hésitais un instant mais me mettais mentalement un coup de pied aux fesses pour reprendre ma route. Je chantonnais pour oublier que je ne reviendrai pas. Cette fois, j’avais réellement conscience que je partais, je savais où j’allais et pourquoi j’y allais. Et c’était presque plus oppressant que de partir vers l’inconnu avec un vieux magicien et une joyeuse troupe de nains insouciants.

Perdu dans mes pensées, à me rappeler les premiers jours de mon voyage inattendu, j’avais marché droit devant moi toute la nuit sans me préoccuper d’autre chose que ces moments qui me revenaient en mémoire. C’est donc tout naturellement qu’aux premières lueurs du jour, je me retrouvais devant un immense pont de pierre, flanqué de 4 tours et de 2 portes en bois, aussi imposantes que l’édifice lui-même. Le Pont au-dessus de la rivière Brandevin se présentait à moi. C’est alors que je me suis rendu compte que j’avais marché toute la nuit sans m’arrêter et malgré cela, la fatigue ne me gagnait pas. Je n’étais peut-être pas si vieux que ça après tout ! Je me sentais même étonnamment léger ! C’était comme si les soucis et le poids de mon quotidien étaient restés là-bas, derrière la porte de Cul-de-Sac. Je passais donc le Pont de Brandevin le sourire aux lèvres et m’arrêtais un peu plus loin au pied de la Vieille Forêt pour un solide premier petit déjeuner.

J’étais désormais sur les terres des Hommes. Loin d’être les pires créatures de la Terre du Milieu mais aussi loin d’être les moins belliqueux. Je faisais donc preuve de prudence et si tout allait bien, je pensais pouvoir passer la nuit à l’auberge de Bree. C’est ce qui se passa, parfaitement sans encombre. Je pus profiter d’une bonne nuit de sommeil bien méritée au Poney Fringuant. Le lendemain matin, je pensais moins à la Comté ou à l’expédition qui m’avait entrainé à peu près sur cette même route quelques décennies plus tôt. Je me concentrais plus sur la suite de mon trajet, me levant très tôt pour me préparer. Je devais continuer mon voyage sur la Grande Route de l’Est, mais traverser le Marais de l’Eau aux Cousins au petit matin ne m’enchantais guère. Ces insectes vous collent à la peau et s’immiscent dans le moindre pli de vos vêtements… Ensuite viennent les Collines Venteuses avec la vieille forteresse d’Amon Sûl, les Terres Solitaires et ses bêtes errantes… Je n’atteindrais probablement pas le Dernier Pont avant la tombée de la nuit. Je jugeais donc plus prudent de garder ma vieille épée Dard à portée de main. Mais finalement, à part ces maudits insectes, je ne rencontrais que peu de problèmes et cela m’étonnait presque.

Après le Dernier Pont, j’eus fort à faire avec quelques loups solitaires. Errants, certes, mais pas stupides au point d’essayer de connaitre une lame elfique de trop près ! Je reprenais de l’assurance et profitais même de ce voyage pour rendre visite à 3 anciennes connaissances, friands de bonne cuisine, même si tout ce qu’ils cuisinaient avant le goût de poulet, sauf le poulet qui avait le goût de poisson… Ceux-là ne cuisinaient plus rien depuis plus d’un demi-siècle. Les trolls de pierres étaient toujours là, éternellement figés dans leur grimace, bien que le lierre tentait de grimper sur leurs énormes jambes. Puis je continuais ma route vers l’Est. Une fois la Bruinen franchie à guet, la forêt laissait place aux plaines jusqu’à la vallée cachée d’Imladris. Là, au détour d’une colline, une chose attira mon regard. Une forme sombre qui ne me disait rien de bon. Je jetais un œil à Dard mais ma fidèle épée ne brillait pas. Etait-ce pour autant sans danger ? Probablement pas, mais ma curiosité naturelle me poussa à aller voir d’un peu plus près. Le pas léger, me faisant aussi discret que possible, j’avançais prudemment jusqu’à ce que mes yeux en soient sûrs. Un gobelin ! Mais celui-ci n’inquiétait pas Dard, car il était mort. Son cadavre et celui de son warg se desséchaient au soleil. Maitre Elrond et sa cavalerie n’avaient donc jamais cessé de surveiller ces terres et d’en chasser les visiteurs indésirables. J’observais un moment le paysage autour de moi. De hautes herbes, des rochers, quelques buissons. Je nous revoyais presque courir à perdre haleine dans ce décor, poursuivis par les chevaucheurs-wargs. Je l’entendais, Lui, nous crier de sa voix puissante « il faut tenir ! ». Les souvenirs me submergeant, je sentis mon cœur s’accélérer. Je me tournais et me retournais dans tous les sens, fébrile, comme s’Il était là, comme s’Il allait apparaitre de derrière un rocher, droit et digne, majestueux, comme à son habitude, peut-être avec ce léger sourire reconnaissant qu’il arborait quand une rare bonne nouvelle arrivait enfin. Mais non, rien… Personne… Seul le vent sifflait légèrement à mes oreilles et la raison repris ses droits. Non, il ne sortirait pas de derrière un rocher… Non, il ne sourirait pas… Plus maintenant… Plus jamais… J’étais seul face à un gobelin percé de flèches elfiques… Cette vérité que j’avais tenté inconsciemment d’oublier était pourtant la seule et elle s’imposait douloureusement à moi. Je reprenais mon chemin, le cœur lourd et trainant les pieds. Je ne devais pas trainer ici, d’autres créatures hostiles rodaient très probablement et il n’était pas prudent de s’attarder.

J’atteignis Fondcombe peu avant le coucher du soleil. Elrond Semi-Elfe me fit un merveilleux accueil, me rappelant tout de même qu’il n’était pas prudent de voyager seul par les temps qui courent. La vallée cachée d’Imladris avait quelque chose d’apaisant. Ses frontières étaient bien gardées, les elfes étaient d’une compagnie agréable, et leur cuisine et leur vin étaient loin d’être déplaisants. Je pris donc quelques jours de repos et de réflexion avant de faire part de ma décision à Maitre Elrond.

- Ainsi donc vous voulez traverser les Monts Brumeux et la Forêt Noire… une nouvelle fois…

- Oui, je partirai demain matin.

J’eus droit à un rappel des règles élémentaires de prudence qui impliquaient, entre autre, de ne pas faire ce que je prévoyais de faire. Je refusais de me laisser convaincre, jusqu’à ce qu’un jeune elfe brun s’approcha.

- Père, puis-je proposer d’accompagner Monsieur Sacquet, mon frère et moi ?

- Elladan, les gobelins rodent toujours dans les montagnes et l’hiver approche…

- Mais il n’est pas encore là. La Haute Passe est encore accessible, nous pouvons traverser les Monts Brumeux avant la neige. Et vous savez mieux que quiconque, Père, que les gobelins ne nous effraient pas, Elrohir et moi.

- Malgré votre âge, vous avez toujours gardé votre esprit d’aventure, ton frère et toi, soupira Elrond avant de se tourner vers moi. Vous maintenez donc votre décision ?

- Oui, répondis-je fermement, comme pour m’en persuader également moi-même. Mais je ne demandais pas d’escorte…

- Et bien puisque mes fils se portent volontaires…

Le Seigneur Elrond s’en alla en se tenant la tête d’une main. Je ne voulais impliquer personne, ni causer de problème à qui que ce soit. Et pourtant me voilà accompagné de 2 jeunes elfes qui avaient hérité de la détermination de leur lignée.

Nous partîmes à l’aube, harnachés comme il se doit pour traverser les montages enneigées, ma démarche tenait plus du nain que du hobbit. La neige, cependant, n’était pas encore au rendez-vous, nous rencontrions plus de pluie que de flocons. Mon escorte n’était pas vraiment bavarde et malgré mes efforts, il n’était pas aisé de les dérider. Pourquoi diable avaient-ils proposé de m’accompagner dans ce cas ? La route que nous empruntâmes me semblait très sûre, mais un soir, nous fîmes halte pour la nuit dans une caverne. Le sentier étroit et glissant à flanc de falaise, la pluie, le froid, la roche, le sol ensablé, tout me rappelait la nuit où la compagnie et moi sommes tombés dans la cité des gobelins. Cette nuit-là, j’avais rencontré cette créature étrange, cette nuit-là, j’avais trouvé ce vieil anneau. En y repensant, il me manquait, mais étrangement, je me sentais beaucoup plus léger et plus libre sans lui. Pas tout à fait rassuré, je tirais Dard de son fourreau, mais aucune lueur bleue n’apparaissait.

- Un problème, Monsieur Sacquet ?

- Les gobelins… ils sont partis ? demandais-je d’une voix faible.

- Malheureusement non, ils vivent toujours retranchés dans leur forteresse, leurs cavernes serpentent quelque part sous nos pieds… me répondit Elrohir dont le regard noir scrutait l’extérieur.

- Ne vous inquiétez pas, repris son frère, nous nous relaierons pour monter la garde, tâchez de vous reposer.

Le sommeil ne vint pas cette nuit. Et les nuits suivantes, je me réveillais en sursaut au moindre craquement de la roche.

Il me fallut attendre que nous ayons quitté les Monts Brumeux et rejoint le Route de la Vieille Forêt pour retrouver un peu de sérénité. Vertbois, aujourd’hui Forêt Noire, est le domaine des Elfes, et être accompagné par les 2 fils de Maître Elrond me garantissait un certain laisser-passer. Malgré les araignées géantes et autres créatures étranges qui peuplent désormais ces bois, il y avait moins à craindre aussi longtemps que nous restions sur la Route.

Un soir, nous installâmes notre campement près d’une petite rivière. L’endroit semblait paisible et me rappelait d’une certaine manière quelques paysages de mon très cher Quartier Ouest. Je m’installais adossé à un arbre et allumais ma pipe. Ah, il n’y a rien de tel que quelques feuilles de Vieux Toby sous les étoiles, les pieds reposant sur un tapis de mousse après une longue journée de marche. Eladan s’était assis sur un tronc d’arbre mort et son frère jumeau s’était installé à ses pieds. Le premier avant entrepris de recoiffer Elroir qui grignotait un morceau de lambas. Cette scène m’était étrangement familière : j’avais l’impression de revoir Kili tresser les cheveux de son frère, alors que Fili fumait les yeux fermés en profitant des soins de son cadet. Mais je ne les verrai plus jamais sourire, eux non plus… A cette pensée, mon cœur se serra et j’eus soudain très froid. Je ramenais mes genoux contre ma poitrine et m’enroulais dans ma cape, tirant sur ma pipe et faisant quelques ronds avec la fumée. Je les revoyais jongler avec la vaisselle comme si c’était hier, et m’envoyer libérer les poneys emmenés par les trolls comme si c’était parfaitement sans danger. J’aurai donné n’importe quoi pour les revoir.

Après de longs jours de marche, nous approchions enfin d’Erebor. Les drapeaux bleu ciel flottaient à nouveau sur la place forte. Alors que nous approchions irrémédiablement de la Grande Porte des Nains, sur ce chemin pavé à l’ombre de la Montagne, l’envie me prenait de faire demi-tour sur le champ. Comme mon allure ralentissait, Elroir posa une main sur mon épaule, m’encourageant à ne pas fléchir maintenant. Je pris une profonde inspiration et tentais de ne pas regretter d’avoir fait tout ce chemin une nouvelle fois. Une fois la porte franchie, mes yeux durent s’habituer quelques instants à moins de lumière. J’avais oublié à quel point ces statues et cette architecture de pierre était écrasante malgré la hauteur astronomique du plafond. Alors que nous avancions dans le Grand Hall, entre les piliers sculptés dans la roche et incrustés d’or, Dain Pied-d’Acier vient à notre rencontre, entouré de son escorte de nains en armure. La couronne sur son front ne manqua pas de me rappeler qu’il était Roi sous la Montagne. Il marmonna quelque chose en Khuzdul pour tenter de se défaire de cette troupe, et s’approcha de moi pour me gratifier d’une accolade amicale et chaleureuse.

- Soyez le bienvenu, mon ami !

Toutes proportions gardées, il fit également bon accueil aux fils du Seigneur Elrond. Dain était un grand roi, sage et très respecté, mais c’était un nain, et comme tous nains, il n’appréciait guère les elfes, bien qu’il reconnaissait leurs talents pour le commerce.

- Vous avez fait une très longue route. Que puis-je pour vous, mon ami ? me demanda-t-il avec un léger sourire, comme s’il était content d’avoir autre chose à faire que de s’occuper des tâches rébarbatives dues à son rang.

- Eh bien, je… je suis venu… pour…

Je n’arrivais même pas à le dire à voix haute, comme si cette quête que je m’étais fixée me dépassait maintenant qu’elle touchait à son terme. Dain inspira et souffla bruyamment avant de reprendre la parole d’un air grave.

- J’ai compris… Venez…

Le roi m’invita à le suivre, articulant à nouveau quelques mots en Khuzdul pour se débarrasser de son escorte. Nous parcourûmes de longs couloirs, descendîmes de grands escaliers, traversant les halls et les galeries de pierre, suivis d’Eladan et d’Elroir, jusqu’au cœur de la Montagne. J’avais l’impression de découvrir cet endroit pour la première fois. Il était là. Ils étaient là. Une pièce octogonale avec aux murs, des torches et des cristaux qui diffusaient une pâle lumière colorée. Un tombeau avec en son sein, trois immenses statues surplombant trois tombes sur des promontoires de pierre. Sur celle du centre était déposée une lame que j’avais bien connue, et qui était là depuis 60 ans. Orcrist veillait toujours sur Lui, sur Eux. Kili. Fili. Thorin. Les deux jeunes elfes baissèrent la tête en signe de respect. Dain posa une main compatissante sur mon épaule et dut s’en retourner à ses occupations de roi, suivi par les deux fils d’Elrond Semi-Elfe.

Je restais seul à mes réflexions, là, immobile, à observer l’endroit, à détailler chaque statue. Je reconnaissais le talent artistique des nains. Certes plus massif, géométrique et angulaire que celui des elfes, mais tout aussi impressionnant, notamment dans les proportions que cela prenait. Cependant, ces statues ne leur rendaient pas justice à mon humble avis. J’allais chercher mon sac et le traina négligemment jusqu’au centre de la pièce où je m’assis à même le sol, sur ces dalles de pierre froide. Je sortis mon carnet de croquis et quelques crayons pour griffonner quelques portraits de mémoire. D’abord Fili, puis son frère, et enfin Thorin. Sans doute mes dessins étaient-ils un peu enjolivés, idéalisés par les souvenirs passés que je chérissais. Et ils ne valaient pas le coup de crayon d’Ori qui avait un don certain pour cela. Mais je ne savais plus quoi faire pour apaiser mon chagrin de l’avoir perdu.

A travers une meurtrière creusée profondément dans la roche à plusieurs mètres au-dessus du sol, une lueur apparaissait lentement. Elle remplaçait peu à peu la pâle clarté des minéraux et des torches. L’aube se levait. J’avais passé toute la nuit à attendre un miracle, une illusion, une hallucination, un rêve, n’importe quoi qui m’aurait permis de le revoir une dernière fois. Mais non, rien. Ni Aulë, ni Ilúvatar n’avaient accédés à mon souhait le plus cher. Mon cœur était lourd, si lourd que j’avais du mal à respirer. Les larmes commençaient à envahir mes yeux et mes joues alors que je regardais grandir la lumière du matin. Je ne verrai donc jamais se lever le jour où je pourrai l’appeler « mon Roi »…

Comment reprendre le cours de son ancienne vie ? Comment continuer lorsque dans son cœur, on commence à comprendre qu’on ne peut plus retourner en arrière ? Il est des choses que le temps ne peut cicatriser, des blessures si profondes qu’elles se sont emparées de vous.

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